Canada : un ancien soldat attaque l'armée

29 Janvier 2019
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C’est une situation délicate, aux ressorts psychologiques complexes, sur laquelle la justice canadienne va devoir se pencher. Elle concerne un ancien soldat québécois qui, comme l’explique le site La Presse.ca (21 janvier), a essayé de convaincre un tribunal fédéral qu'il « devait être considéré comme blessé en service parce qu'il aurait contracté le VIH auprès d’une travailleuses du sexe alors qu'il était déployé en Afrique. L’affaire n’est pas simple et prend un tour plus complexe. En effet, cet ex-soldat n’est pas hétérosexuel, ni même bisexuel. Il est homosexuel. Il a expliqué lors des débats au tribunal qu’il « s'était senti obligé de recourir à ce type de services à deux reprises - malgré lui - pour faire taire les rumeurs qui circulaient dans les rangs à propos de son orientation sexuelle ». Autrement dit, l’ex-soldat a avancé la thèse qu’il était victime d’une pression sociale (ses collègues à l’armée) de nature homophobe, ce qui l’avait amené à prendre des risques avec une travailleuse du sexe pour avoir la paix et ne pas être exposé aux brimades homophobes des autres soldats. De son point de vue, c’est l’armée qui serait « responsable » de sa maladie. C'est « pour être plus accepté au sein des forces armées qu'il a fréquenté des prostituées », a expliqué son avocat, Me Gaëtan D. Paquette, à l’audience. Thèse qu’il a ré-expliqué à La Presse. L’ex-soldat a aussi fait valoir que « les [préservatifs] fournis par l'armée étaient de mauvaise qualité et que ceux-ci se déchiraient facilement, ce qui a été le cas lors de ses fréquentations ». Le Tribunal des anciens combattants, chargé de réviser les décisions du Ministère du même nom, a rejeté la demande d'indemnisation de l'homme dans une décision datée du 11 décembre dernier, rappelle La Presse. L’avocat de l’ex-soldat a expliqué à La Presse qu’il n’écartait pas de faire appel. « On va regarder ça ensemble », a-t-il indiqué.