Canada, VIH et coûts des traitements

26 Février 2019
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La question des coûts des traitements VIH préoccupe les autorités de santé dans des pays du Nord et conduit à des expérimentations et des études pour voir s’il est possible de traiter aussi efficacement des personnes vivant avec le VIH à des coûts réduits. Le 6 février dernier, le site d’information sur le VIH Catie a publié les résultats d’une étude conduite dans une clinique spécialisée dans le VIH à Calgary (Canada). Cette clinique a proposé à des personnes vivant avec le VIH un « traitement moins cher », mais « comportant plus d’un comprimé ». Dans cette étude, plus de la moitié des participants-es (il s’agissait de personnes déjà traitées ou de personnes qui initiaient un traitement) a choisi de changer pour un traitement en plusieurs comprimés, mais moins cher qu’un STR (comprimé tout en un). Les personnes qui ont accepté ce changement de traitement ont quasiment toutes obtenu des baisses de charge virale. L’étude portait sur Triumeq (dolutégravir + abacavir + 3TC). Ce médicament est très prescrit dans cette clinique et deux des molécules qui le composent sont disponibles en version génériques au Canada depuis longtemps. Les participants-es avaient le choix entre deux traitements : Triumeq en un comprimé une fois par jour ou Tivicay (dolutégravir, en princeps) avec un comprimé associant abacavir et 3TC version générique : en deux comprimés, une fois par jour. Les participants-es étaient informés en amont de la différence de prix entre les deux combinaisons. Le choix était libre. Outre l’accord du-de la participant-e, le médecin et le-la pharmacien-ne devaient (au vu du dossier médical) donner également leur accord. Ce changement, sans exposer les participants-es à un risque d’échec, a permis une baisse de 16 % des coûts des médicaments pour l’année 2017. En 2018, la clinique de Calgary escomptait des millions de dollars de baisse de ses coûts.