Cancer colorectal : un nouveau test

23 Mai 2015
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Attendu depuis des mois, le nouveau test de dépistage du cancer colorectal, deuxième cancer le plus meurtrier en France, a été lancé mercredi 6 mai par Marisol Touraine avec l'espoir de sauver des milliers de vies. Réputé plus performant que le test Hemoccult, il devait initialement arriver en début d'année dans les cabinets des médecins généralistes chargés de le prescrire. Mais sa diffusion ne démarre que maintenant en raison d'un retard lié à l'appel d'offres. "Après plusieurs mois d'attente, ce test est désormais disponible", a déclaré la ministre lors de ce lancement officiel, soulignant qu'il était à la fois "plus performant, plus fiable et plus simple" que le classique test Hemoccult utilisé jusqu'à présent. Comme le précédent, il s'adresse aux hommes et femmes âgés de 50 à 74 ans à qui il est recommandé officiellement d'effectuer un test tous les deux ans (sauf pour les personnes ayant un risque élevé de développer un cancer colorectal en raison d'antécédents familiaux ou de maladies spécifiques, qui doivent bénéficier d'un suivi particulier). 16 millions de personnes sont concernées. Le nouveau test est basé sur la détection de sang dans les matières fécales, présence qui peut signaler une lésion précancéreuse ou un cancer. En cas de résultat positif, la personne devra faire une coloscopie pour vérifier si elle a des lésions pré-cancéreuses ou un cancer. Le nouveau test est plus simple : un seul prélèvement sur les selles est nécessaire contre six auparavant. Il est plus sensible et plus fiable, il serait capable de détecter deux fois plus de cancers et trois à quatre fois plus de lésions précancéreuses. Le ministère de la Santé espère augmenter le taux de participation au dépistage, actuellement trop bas : 30 % de la population cible contre un minimum recommandé de 45 %. Passer d'un taux de 30 % à un taux de 50 % permettrait d'éviter 3 500 morts par cancer colorectal par an, a souligné la ministre. Le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquent derrière celui de la prostate et du sein, avec plus de 42 000 cas par an, selon les données 2012 de l’Institut national du cancer. C'est surtout le deuxième cancer le plus meurtrier en France, après celui du poumon, avec environ 17 700 décès par an. "Lorsqu'il est détecté tôt, le cancer colorectal se guérit dans 9 cas sur 10 alors que dépisté tardivement, ce n'est qu'une fois sur sept", a rappelé la ministre.