Cancer de l’anus chez les PVVIH

22 Octobre 2021
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Une étude portée sur près de 4 500 personnes vivant avec le VIH (PVVIH) qui avaient des lésions anales précancéreuses montrent qu'un traitement précoce de ces lésions a réduit de façon significative les risques de développer un cancer de l'anus. C’est ce que révèle un communiqué de presse publié le 8 octobre sur le site d’information américain eurekalert. L’étude en question nommée Anal Cancer/HSIL Outcomes Research (Anchor) est menée par le professeur Joel Palefsky de l’Université de San Francisco en Californie. Elle concerne 4 446 (PVVIH) réparties sur 21 sites cliniques à travers les États-Unis. L’incidence du cancer de l’anus est très élevée chez les PVVIH en raison du HPV (virus du papillome humain) qui peut causer des lésions épithéliales squameuses de haut grade (HSIL) anales. La lésion anale de type HSIL est une maladie précancéreuse qui commence à partir de la muqueuse du canal anal. La HSIL est appelée une maladie précancéreuse car avec le temps, elle peut se transformer en un type de cancer appelé carcinome épidermoïde. Les chercheurs-ses ont analysé plusieurs décennies de données sur la prévention et le traitement du cancer anal. Dans l’étude, les PVVIH âgées de 35 ans ou plus et qui avaient des lésions anales précancéreuses étaient réparties en deux groupes : celles dont les lésions ont été traitées (retirées) et celles dont les lésions ont été surveillées de près, mais non retirées. Il a été observé que le fait de traiter les lésions réduisait de façon significative les risques de développer un cancer de l'anus. « Les données de Anchor montrent, pour la première fois, que, comme le cancer cervical (col de l'utérus), le cancer de l’anus peut être évité y compris chez les populations très exposées, comme les personnes vivant avec le VIH, souvent sujettes aux lésions de type HSIL qui sont difficiles à traiter », explique le Professeur Palefsky. Et de conclure : « Bien que l’étude se soit concentrée sur les personnes vivant avec le VIH, les résultats montrent que la prévention du cancer de l’anus pourrait s’appliquer à d’autres groupes qui ont un risque accru de ce type de cancer, comme les femmes qui ont eu un cancer de la vulve ou de l’utérus, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes séronégatifs au VIH ou encore les personnes qui ont une immunosuppression non liée à une infection à VIH ». Pour rappel, le remboursement du vaccin HPV chez les garçons est effectif en France depuis janvier 2021. En décembre 2019, la Haute autorité de santé (HAS) s’était prononcée en faveur de l’élargissement à tous les garçons de 11 à 14 ans révolus de cette vaccination (deux doses). Un rattrapage est possible pour tous les adolescents et jeunes adultes de 15 à 19 ans (trois doses). Des études montrent la pertinence de cette vaccination, notamment contre les papillomavirus 6 et 11 qui sont responsables des condylomes génitaux et anaux. La vaccination HPV et le dépistage-traitement précoce des lésions pré cancéreuses sont des outils essentiels de réduction des risques du cancer de l’anus et de l’utérus.

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