Cancer : une prévention plus active

18 Décembre 2018
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Chaque année, 145 000 personnes décèdent du cancer en France, ce qui fait de cette maladie la première cause de mortalité dans notre pays, indique un communiqué du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Certes, si la mortalité moyenne baisse, la fréquence des nouveaux cas apparaissant au cours d’une année est, elle, en hausse. Pour y remédier, le CESE appelle à ce qu’une « véritable politique de prévention [voit] le jour » et qu’elle soit installée « en complément d’une politique curative ».  Le CESE s’est engagé aux côtés de la Ligue contre le Cancer, en tant que représentant de la société civile organisée, dans le cadre des États généraux de la prévention des cancers. Les premiers États généraux de la prévention des cancers se sont tenus (21 novembre) au sein du CESE. La Ligue contre le Cancer a fait de la prévention sa priorité en 2018. En accord, le CESE affirme que le succès de la prévention des cancers repose sur une « plus grande implication individuelle et collective, plus que sur une politique sanitaire centrée sur le curatif ». A l’appui de cette idée, le fait que « quatre cancers sur dix pourraient être évités si une politique active de prévention, axée sur les facteurs de risques, était mise en place ».  Et le CESE de faire plusieurs recommandations. Il fait d’abord « consacrer davantage de moyens à la prévention ». Aujourd’hui, seuls 2 à 6 % de la dépense nationale de santé sont consacrés à la prévention. « Le décalage est fort entre les connaissances, les recommandations publiques et l’adoption de pratiques plus protectrices de la santé », explique le CESE qui défend le principe qu’un « rééquilibrage de ces dépenses, en faveur de la prévention, s’impose comme un préalable ». Il faut ensuite : « Créer les conditions d’une culture collective de la prévention des cancers ». Pour agir, en amont, sur les facteurs de risques comportementaux, professionnels, environnementaux et promouvoir les facteurs de protection, le CESE considère que le « renforcement de la connaissance des causes des cancers » est un impératif. L’institution recommande une meilleure transmission des connaissances, avec une information transparente, accessible et compréhensible par tous-tes. Pour cela, le CESE envisage notamment un étiquetage plus complet sur les substances comprises dans les produits à usage domestique, en distinguant selon que ces risques sont avérés et/ou suspectés. Le CES estime aussi qu’il faut « adapter la prévention aux particularités des contextes et des publics ». « La prévention doit se concrétiser au plus près des populations et s’inscrire dans une logique de parcours global », estime le CESE invite à « relancer une politique active et égalitaire d'éducation à la santé et augmenter les recherches sur les enjeux de santé des femmes et notamment sur les cancers les concernant. S'agissant des enfants, il est particulièrement urgent d'engager une politique spécifique de recherche, de prévention et de prise en charge ».