Cannabis, entre drogue et thérapie

19 Juillet 2016
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La France est un des premiers consommateurs de cannabis en Europe avec 14 millions de personnes qui en ont fait l'expérience et plus d'un million qui en consomment régulièrement. La question de la dépénalisation, voire de la légalisation de son usage est un marronnier politique au cœur de nombreux débats. La prohibition du cannabis, l'activité illicite qu'elle génère et incidemment l'absence de contrôle sur les substances en circulation remettent en cause le modèle répressif en vigueur en France, alors que de plus en plus de pays (Allemagne, Croatie, Italie, Estonie, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Suisse et Ukraine) l'abandonnent en Europe. On distingue l'usage récréatif de l'usage thérapeutique et sur ce plan, la législation tend à s'assouplir, comme aux Etats-Unis où 23 Etats autorisent sa commercialisation à usage médical. La France permet, en théorie, par le biais d'une ATU (autorisation temporaire d'utilisation) la délivrance de produits contenant la substance active du cannabis, le THC, pour un usage thérapeutique. Seulement, le Sativex en spray, à destination des personnes atteintes d'une sclérose en plaques, autorisé en 2014, n'est toujours pas commercialisé faute d'un accord sur son prix entre le Comité économique des produits de santé et le fabricant. Et vous, quelle consommation faites-vous du cannabis ? Qu'attendez-vous de sa version thérapeutique ? Venez échanger sur le cannabis et son usage, pendant le chat thématique, mardi 19 juillet de 21h à 22h, en compagnie d'Ernesto.

Commentaires

Portrait de ernesto-seronet

Une petite dizaine de personnes pour explorer les usages du cannabis. En l'absence d'un accès réel au cannabis thérapeutique, et quand les consultations et centres anti-douleur [plus précisément Centres d’Évaluation et de Traitement de la Douleur] sont difficilement accessibles ou n'apportent pas de solution, c'est par le biais de l'usage récréatif que l'effet thérapeutique est obtenu. Certains y ont recours régulièrement, sans avis médical, alliant plaisir et soulagement de la douleur. Pour d'autres, le médecin le leur recommande depuis plus de 20 ans. Mais quand des problèmes respiratoires empêchent d'y avoir recours, le manque et l'attente d'un cannabis thérapeutique, en théorie autorisé mais en pratique non accessible, se font plus pressants. D'autant que les obstacles liés à la pénalisation actuelle de la consommation ne sont pas compris en regard des effets délétères de la consommation "culturelle" d'alcool en France, du retard par rapport à la situation des Pays-Bas ou plus récemment des Etats-Unis, ou du constat que certains médicaments anti-douleur comme l'Izalgi par exemple peuvent eux contenir de la morphine dérivée de l'opium. Cependant, dans l'univers médical les mentalités évoluent lentement vers une tolérance, pour les cas entre autres de sclérose en plaques. La question se pose de la qualité du produit aujourd'hui accessible, concernant plutôt le cas de la résine que de l'herbe. Et selon la variété de plants (qui n'échapperaient à l'introduction des OGM, d'où l'interrogation : pour la beuh comme pour les meuh ?) la question également de sa concentration en THC (tétrahydrocannabinol), en rappelant également que le CBD (cannabidiol), plus recherché pour ses vertus médicinales, vient équilibrer les effets potentiellement psycho-actifs et léthargiques du THC. Tous se prononcent en faveur d'une légalisation du cannabis mais peu envisagent qu'elle soit rapidement adoptée.

Vous êtes invité-e-s comme d'habitude à poster sur ce thème vos commentaires et réactions à la suite de celui-ci , et à exprimer ici vos suggestions de thèmes que vous souhaiterez aborder dans les mois à venir, ou d'évolution du "format" de ces chats thématiques.

La semaine prochaine, nous nous évaderons du côté des Nabis, qu'ils soient prophètes, ou ravis dans une extase, et à travers leurs visions chromatiques, nous entendrons au loin nos cousins québécois revendiquer : touche pas à mon pot.