Cannabis : nouvelle proposition de loi

4 Juin 2021
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Une proposition de loi transpartisane visant à légaliser le cannabis pour lutter contre les trafics a été présentée mardi 25 mai par le député La France Insoumise (LFI) Éric Coquerel. Elle a pour objectif de maintenir la pression sur un sujet auquel l'exécutif est opposé. Le texte du député Éric Coquerel est co-signé par une quinzaine de députés-es, principalement de gauche mais aussi deux appartenant au groupe LREM, Jean-Baptiste Moreau et Patrick Vignal, et un au groupe MoDem, Richard Ramos. La proposition sur la « lutte contre le commerce illégal de drogues », son titre officiel, s'articule autour de trois axes : la prévention, la légalisation du cannabis et la sécurité. La lutte contre la drogue n'y est plus l'apanage du seul ministère de l'Intérieur, celui de la Santé étant amené à « assumer la coordination en matière de stupéfiants », avance le texte. L'idée centrale repose sur le fait qu'un cannabis légalisé, produit et commercialisé sous contrôle des pouvoirs publics, permettrait d'assécher les trafics et de mieux agir en matière de santé publique. Parlementaire de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel a dressé devant la presse un « bilan catastrophique » de la politique répressive suivie actuellement, « qui ne fonctionne ni pour freiner la consommation, ni pour freiner le trafic », indique l’AFP. « On sait que la légalisation est inéluctable » même si « c'est un sujet très difficile à aborder dans le débat public », a abondé François-Michel Lambert (groupe Libertés et territoires), l'un des plus ardents partisans de la dépénalisation à l'Assemblée. Une proposition de loi du même député, dont des éléments ont été repris dans celle d’Éric Coquerel, avait été rejetée en commission des Affaires sociales au Palais Bourbon en mars dernier. Une mission parlementaire, coordonnée par la députée LREM Caroline Janvier, a rendu au début du mois de mai un rapport proposant également de légaliser le cannabis afin de contrer les trafics. Éric Coquerel a toutefois admis que face à l'opposition exprimée par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et le président Emmanuel Macron, sa proposition ou tout autre texte semblable n'avait pratiquement aucune chance d'aboutir pour le moment. « Cela ne se passera pas sous ce mandat », a-t-il admis. Mais en gardant la pression sur cet objectif, « je crois que la prochain mandature peut être l'occasion d'adopter une loi en ce sens », veut croire le député LFI.