Changer de traitement : qui décide ?

26 Avril 2016
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Si, en l'état actuel des connaissances, la prise d'un traitement ARV doit être maintenu au long cours, les molécules et leurs combinaisons évoluent depuis 1996. Après le traitement initial, dit d'attaque, qui vise à restaurer le niveau de CD4 et rendre la charge virale indétectable, certaines personnes vont changer de traitement : moindre efficacité sur le contrôle du virus, prévention d'une toxicité à long terme, gestion d'éventuels interactions médicamenteuses lors d'une co-infection, apparition d'effets indésirables, choix d'un combo pour diminuer le nombre de prises, allègement thérapeutique, participation à un essai, etc. A l'initiative du médecin ou à la demande de la personne, la recherche d'une nouvelle combinaison d'ARV optimale permet de maintenir ou d'améliorer la qualité de vie et de favoriser l'observance au long cours. Le rapport Morlat (page 94) et son actualisation 2015 (page 32) consacrent des chapitres aux switchs qui s'appuient sur des études, ce qui permet d'éclairer les choix. Sur Seronet, nombreux sujets de forums font écho aux changements de traitement, à la recherche de l'idéal. Avez-vous déjà changé ou eu la tentation de changer de traitement ? Comment le choix des ARV et du moment se construit-il avec votre médecin ? Le changement c'est mardi 26 avril de 21h à 22h, pendant le chat thématique, en compagnie d'Ernesto.

Commentaires

Portrait de ernesto-seronet

Une dizaine de personnes, et de nombreux questionnements, au cours de ce clavardage sur les switches de traitement. Une situation plus ou moins complexe d'échec thérapeutique, d'effets indésirables lourds, ou d'affections concomitantes amènent la personne, presque toujours avec son médecin spécialiste, à changer de traitement. On questionne plusieurs médecins, on s'en remet à l'avis éclairé de son fidèle virologue qui va proposer le traitement le mieux adapté, ou on constate le désarroi du médecin face une situation de multipathologies et ses interactions médicamenteuses, plus difficilement gérables, qu'elle engendre. Un long parcours de suivi et de prises d'ARV donne souvent lieu à de nombreuses modifications de traitements, et après un processus de décision long et difficile, ou un parcours du combattant pour trouver enfin les molécules et les dosages adéquats : le problème de la lipodystrophie est réglé, on fuit l'AZT, un zona ou des mycoses qui peuvent lui être associés, mais les combinaisons qui suivent peuvent aussi provoquer des problèmes cardiovasculaires, de cholestérol ... et la toxicité du Zerit, même s'il sauve des vies, a pu impacter lourdement l'organisme. De même, la découverte et l'apparition de résistances limite également les choix possibles. Alors quand enfin on passe d'une dizaine de comprimés en plusieurs prises par jour à un comprimé quotidien qui se rélève efficace et sans effets indésirables, on devient très observant et on ne lâche pas son traitement. Mais quand une consommation importante de tabac se conjugue aux possibles effets délétères des ARV, des problèmes cardiaques surviennent, et rendent les choix de traitement plus restreints : on en oublie le nombre de combinaisons de traitements expérimentées, comme un jeu de petit chimiste, et encore plus leurs noms. Et devant d'inextricables interactions de traitements et la difficulté à contenir la charge virale qui s'en suit, on attend alors avec impatience la solution tant espérée du vaccin.

Vous êtes invité-e-s comme d'habitude à poster sur ce thème vos commentaires et réactions à la suite de celui-ci , et à exprimer ici vos suggestions de thèmes que vous souhaiterez aborder dans les mois à venir, ou d'évolution du "format" de ces chats thématiques.

Petit changement la semaine prochaine,  en partance vers Hollywood, on délaisse l's de switch, pour s'intéresser au Witch Hunt et aux effets du Maccarthysme, avec la sortie du film "Dalton Trumbo", ainsi qu'au caviardage et à Anastasie.