Chirurgie : plus de risque si on fume

31 Janvier 2020
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Les personnes fumeuses courent un risque beaucoup plus grand que celles qui ne fument pas d’être atteintes de complications postopératoires, dont de troubles de la fonction cardiaque ou pulmonaire, d’infections et de retards ou de troubles de la cicatrisation, explique une communication de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publiée le 20 janvier dernier. De nouvelles données montrent qu’en cas d’arrêt du tabac quatre semaines ou plus avant un acte chirurgical, les risques de complications sont plus faibles et les résultats à six mois sont meilleurs. L’arrêt du tabac diminue également les risques de complications pendant l’anesthésie. Une étude menée conjointement par l’OMS, l’Université de Newcastle, l’Australie et la Fédération mondiale des sociétés d’anesthésiologistes montre qu’au bout de quatre semaines d’abstinence, chaque semaine sans tabac améliore l’état de santé de 19 % en raison d’une meilleure irrigation des organes vitaux. « Le rapport fournit des données montrant qu’il est bénéfique de reporter les interventions chirurgicales mineures ou non urgentes afin de donner aux patients-es la possibilité d’arrêter de fumer pour que leur état de santé s’améliore », explique le Dr Vinayak Prasad (Initiative pour un monde sans tabac), cité dans le communiqué. La nicotine et le monoxyde de carbone présents dans les cigarettes peuvent faire baisser la concentration d’oxygène et accroître considérablement le risque de complications cardiaques après un acte chirurgical. La consommation de tabac à fumer entraîne aussi des lésions pulmonaires qui réduisent l’apport de l’organisme en oxygène, ce qui accroît le risque de complications pulmonaires postopératoires. Le fait de fumer du tabac perturbe le système immunitaire, ce qui peut retarder la cicatrisation et accroître le risque d’infection du site opératoire. Le fait de fumer ne serait-ce qu’une seule cigarette diminue les capacités de l’organisme à utiliser les nutriments nécessaires à la cicatrisation, avance le communiqué. « Les complications postopératoires représentent une lourde charge pour les agents de santé et les patients. Les médecins assurant les soins primaires, les chirurgiens, le personnel infirmier et les familles ont un rôle important à jouer pour aider les patients à arrêter de fumer à tous les stades des soins, en particulier avant une opération chirurgicale », a expliqué, de son côté, le Dr Shams Syed, coordonnateur chargé de la qualité des soins à l’OMS. L’agence de santé onusienne invite les pays à intégrer des programmes de sevrage tabagique et des campagnes de sensibilisation dans leurs systèmes de santé pour mieux faire connaître ce problème et pour aider les gens à arrêter de fumer.