Congé menstruel et tabou

5 Juin 2023
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Les députés-es écologistes ont proposé, vendredi 26 mai, l’instauration d’un congé menstruel en cas de règles douloureuses ou incapacitantes, deux semaines après le dépôt d’une proposition socialiste sur le même sujet et dans le même esprit, chaque groupe espérant susciter l’étincelle d’un mouvement transpartisan pour briser un « tabou ». Après l’adoption d’une loi en Espagne, le sujet émerge désormais en France. Et la gauche se positionne. Devant la presse à l’Assemblée, les élus-es écologistes ont présenté une proposition « applicable » pour « briser le tabou sur les menstruations ». Co-auteure de cette proposition avec ses collègues Marie-Charlotte Garin et Sébastien Peytavie, la députée Sandrine Rousseau a « bon espoir » qu’elle soit adoptée « de manière transpartisane », même si elle n’est pas à l’ordre du jour à ce stade. Leur texte prévoit la possibilité d’un arrêt de travail en cas de « menstruations incapacitantes » (douleurs, nausées, céphalées, ...), reconnues par un médecin ou une sage-femme. Les personnes concernées pourraient déposer treize jours sur un an, selon leurs besoins. L’arrêt de travail serait intégralement pris en charge par l’assurance maladie et exempté de jour de carence. Il pourrait être renouvelé une fois dans l’année, portant la durée maximum à 26 jours « pour les cas les plus graves ». Côté PS, les députés-es Mickaël Bouloux et Fatiha Keloua Hachi ont déposé, début mai, leur propre texte, et des sénateurs-rices en ont fait de même en avril. « On est prêt à lever le tabou des règles », insiste Mickaël Bouloux. Les députés-es PS proposent également un arrêt de travail de 13 jours répartis sur un an, et sans carence, mais dans la limite de deux jours par mois.  Alliés-es des écologistes, les socialistes ont appelé, vendredi 26 mai, dans un communiqué à « une convergence de l’ensemble des initiatives », et à la création d’un « groupe de travail transpartisan ». Chaque texte a ses spécificités : les députés-es socialistes proposent un congé de cinq jours en cas de fausse couche, et entendent contraindre les entreprises à instaurer des « mesures matérielles » pour la santé menstruelle. Les écologistes veulent inscrire dans le droit du travail l’interdiction de toute discrimination en raison de la santé menstruelle, et imposer aux entreprises d’organiser « tous les trois ans » des actions de sensibilisation. Ils entendent élargir l’index d’égalité professionnelle aux inégalités de genre. À ce stade chacun défend sa mouture, et espère convaincre jusque dans le camp présidentiel. Les écologistes appellent à une rencontre avec le gouvernement, indique l’AFP. Côté gouvernement, la Première ministre, Élisabeth Borne, a évoqué, fin avril, la possibilité de « faciliter » les dispositifs de congés menstruels déjà accordés par certaines entreprises. Mais les députés-es insistent pour passer par la loi.