Contrôleurs-ses VIH : la piste des T CD8+

16 Mai 2022
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Moins de 1 % des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) ne développent naturellement jamais le sida. Ces contrôleurs-ses du VIH ont la faculté d’enrayer spontanément la multiplication du virus sans traitement ARV. À ce titre, ils-elles sont d’un intérêt majeur pour les chercheurs-ses, qui aimeraient bien comprendre comment leur système immunitaire parvient à lutter contre le virus. Le groupe de chercheurs-ses « Réservoirs et contrôle viral » de l’Institut Pasteur (Paris), dirigé par le Pr Asier Sáez-Cirión, est parvenu à reprogrammer des cellules lymphocytes T CD8+ de PVVIH non contrôleuses pour leur faire adopter le même comportement que celles des personnes contrôleuses rapporte le Quotidien du Médecin. Cette reprogrammation a été réalisée in vitro. Elle a été rendue possible par l'identification préalable des voies de signalisation à l'œuvre dans la différenciation des CD8+ chez les personnes contrôleuses et d'une molécule capable de les activer : un inhibiteur de GSK3. Le ratio CD4/CD8 est l’un des tests sanguins utilisés pour surveiller le système immunitaire des PVVIH. Il compare la proportion de cellules T CD4 dites « auxiliaires » aux cellules T CD8 dites « tueuses », dont la valeur peut aider à prédire l’évolution probable de la maladie. Depuis 2007, les chercheurs-ses de l'Institut Pasteur ont décodé la manière dont les lymphocytes T CD8+ de PVVIH contrôleuses parviennent à détruire rapidement les cellules T CD4+ infectées. Ils-elles ont mis en évidence au niveau moléculaire une capacité antivirale accrue de ces CD8+ contre le VIH, ainsi qu'une propension à survivre, alors que les cellules des personnes non contrôleurs-ses sont programmées pour mourir au bout d'un temps déterminé. C'est cette double caractéristique particulière que les chercheurs-ses ont induite in vitro à l'aide d'un inhibiteur de GSK3, avec succès, dans des lymphocytes des personnes non contrôleuses. Le prochain objectif est de mettre au point une thérapie cellulaire consistant à isoler les cellules de personnes non contrôleuses, les reprogrammer ex vivo puis à les réinjecter, avant une éventuelle interruption du traitement.