Covars : nouveau casting

16 Octobre 2022
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Le Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars), successeur du Conseil scientifique créé pour faire face à la Covid-19, est désormais au complet, avec 18 membres, dont la nomination a été publiée au Journal officiel (JO). Jusqu’alors, on ne connaissait que le nom de celle qui avait pris la suite du Pr Jean-François Delfraissy : la Pre Brigitte Autran, immunologue et grande spécialiste du VIH. Le Covars compte 18 membres, dont 15 scientifiques ou professionnels-les de santé (12 hommes et trois femmes !), selon un arrêté paru au JO, à quelques heures de son installation officielle par les ministres de la Santé et de la Prévention François Braun et de la Recherche Sylvie Retailleau. Ils-elles sont nommés-es pour une durée de deux ans, renouvelable une fois. Certains anciens du Conseil scientifique en font partie. C’est du virologue Bruno Lina (grand spécialiste de la grippe), de l’infectiologue Denis Malvy, de Simon Cauchemez, modélisateur à l’Institut Pasteur, du vétérinaire Thierry Lefrançois, parce qu’il y sera évidemment question des zoonoses, ces infections qui passent de l’animal à l’homme. Le Covars comprendra aussi une ancienne membre du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (COSV), la structure présidée par le Pr Alain Fischer, lui aussi dissous. Il s’agit Mélanie Heard, responsable du pôle santé du think tank Terra Nova ; on lui doit une récente contribution sur le Monkeypox et l’héritage du sida. Parmi les nouveaux-lles venus-es, un spécialiste d’« écologie de la faune sauvage et santé des écosystèmes », Patrick Giraudoux, une cheffe adjointe des urgences du CHU de Nice, Julie Contenti, un médecin généraliste, Olivier Saint-Lary, ou encore une démographe, Annabel Desgrées du Loû, par ailleurs membre du Comité national d’éthique (CCNE). À ces spécialistes s’ajoutent deux représentantes de patients-es, Yvanie Caillé, fondatrice de l’association Renaloo (et ancienne membre du COSV), et Céline Offerlé, administratrice de AIDES et directrice du TRT-5 CHV. Le Covars pourra aussi compter sur la participation d’une représentante des citoyens-nes, en la personne de Véronique Loyer, directrice du bénévolat à la Fondation Claude Pompidou. Ce comité, créé cet été, succède donc, avec une visée plus large, au Conseil scientifique créé en 2020 et présidé par le professeur Jean-François Delfraissy, qui a cessé d’exister avec la levée de l’état d’urgence sanitaire fin juillet 2022. Le Covars a pour mission de surveiller « les risques sanitaires liés aux agents infectieux atteignant l’homme et l’animal », les « polluants environnementaux et alimentaires » et le « changement climatique ». Cette vision globale, qualifiée de « one health » par ses promoteurs-rices, est de plus en plus défendue par nombre de spécialistes de santé publique. « Face à ces nouveaux défis, il est indispensable de pouvoir disposer d’un comité constitué de différentes expertises scientifiques permettant d’apprécier les risques dans leur globalité, et aussi leurs conséquences physiques, psychiques et sociétales », ont souligné les deux ministres dans un communiqué. Le Covars, dont les avis seront rendus publics, est chargé de faire des recommandations face à une menace ou une crise sanitaire. « Parmi les risques déjà identifiés et sur lesquels le Covars aura à se prononcer dans les prochaines semaines, figurent la résurgence de l’épidémie de Covid-19 ou les projections attachées à l’épidémie de Monkeypox, mais aussi la polio ou la dengue par exemple », selon le communiqué ministériel. Ce comité pourra « s’autosaisir selon les risques potentiels » identifiés, et s’élargir au besoin « lors d’éventuelles crises » pour « s’adjoindre les meilleures expertises », ont rappelé les ministres.