Covid-19 : Delfraissy souhaite plus

15 Septembre 2020
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Cela sonne presque comme des menaces. Le gouvernement « va être obligé de prendre un certain nombre de décisions difficiles (…) dans les huit à dix jours maximum », a estimé le 9 septembre le président du Conseil scientifique, le professeur Jean-François Delfraissy qualifiant « d’inquiétant » le niveau de l’épidémie de Covid-19 en France. « On peut être faussement rassuré » parce que l’augmentation de la circulation du virus a « peu de retentissement actuel » sur le système de soins, mais il peut y avoir « une augmentation très rapide, exponentielle, dans un deuxième temps », a-t-il averti, cité par l’AFP, pointant « en particulier » la situation de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca). « La France se situe à un niveau maintenant qui est inquiétant, qui n’est pas celui de l’Espagne, mais qui n’est pas loin, avec un décalage peut-être d’une quinzaine de jours et qui est beaucoup plus sévère que celui de l’Italie », a-t-il mentionné. À ce stade, le « contraste » entre une forte augmentation de la circulation du virus et des services hospitaliers loin de la saturation « fait que les décisions sont difficiles à prendre », reconnaît-il. Mais « toute décision qui serait prise actuellement n’aura un bénéfice potentiel » sur la situation sanitaire « que dans 15 jours », observe-t-il. Par ailleurs, certaines modélisations mathématiques « montrent qu’on pourrait, dans certaines régions de France et en particulier en Paca, se trouver en situation difficile dans l’offre de soins en termes de lits de réanimation dans les semaines qui viennent », a-t-il ajouté. Aussi, « un certain nombre de mesures seront à prendre et à décider dans les huit à dix jours maximum, compte tenu du délai ensuite du retentissement de ces mesures », avance Jean-François Delfraissy. Il a notamment évoqué un renforcement de la protection des personnes âgées ou présentant un facteur de risque (diabète, obésité, maladies respiratoires...) afin de « créer une sorte de bulle autour de ces personnes ». Pour le reste de la population, « il faut que la France recommence à vivre”, mais en étant “très actif sur la stratégie de tester/tracer/isoler », a-t-il ajouté, constatant que ce triptyque laissait encore trop à désirer.