Covid-19 : formes graves

1 Janvier 2021
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Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) s’est récemment prononcé sur la « demande d’actualisation des facteurs de risque de formes graves de la Covid-19 faite par la Direction générale de la santé (DGS) ». Le texte du HCSP indique en préambule que, compte tenu du temps court qu’il a eu pour mener ce travail, son avis « est davantage un consensus d’experts qu’un avis basé sur des preuves solides et concordantes ». Le nouvel avis confirme que « l’âge est un facteur de risque majeur, tant pour le risque d’hospitalisation que pour celui de décès ». Ainsi, une « personne de 70 ans a un risque de décès 20 fois supérieur et une personne de 80 ans près de 100 fois supérieur au risque d’une personne de 40 ans », note le site d’infos Univadis. L’avis confirme également que l’obésité et le diabète jouent un rôle important en termes de pronostic, tout comme le cumul des comorbidités. « L’identification des personnes à très haut risque relève d’une approche individuelle en raison du poids de l’âge, du sexe, du niveau socio-économique, de l’ethnicité et des nombreuses comorbidités potentielles », souligne l’avis. Ce dernier propose une « gradation du risque ». Les critères pour le « sur-risque significatif » sont, entre autres, avoir entre 60 et 69 ans, être de sexe masculin, être obèse, avoir du diabète, la présence de plusieurs comorbidités, être atteint-e de pathologies entraînant une immunosuppression, une insuffisance rénale ou cardiaque, une cirrhose du foie, être en situation de précarité, etc. Le « sur-risque significatif élevé » est lié à certaines situations ou pathologies ; par exemple : avoir un diabète de type 1, être atteint-e de drépanocytose, avoir un « déficit immunitaire combiné sévère », etc. Le « sur-risque significatif très élevé » est lié, entre autres, au fait d’avoir plus de 70 ans, avoir eu une greffe de cellules souches, de suivre une chimiothérapie de grades B et C, etc.

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  2020 déjà l'année la plus meurtrière de l'après-guerre en France Le record de mortalité sur une année civile en France, établi en 2019, était déjà dépassé au 7 décembre, selon des données provisoires mises à jour vendredi par l'Insee.19 déc. 2020 10:14

Du jamais vu depuis l'après-guerre. Sans attendre la fin de l'année 2020, la France a d'ores et déjà battu son record de mortalité sur une année civile. En cause : le vieillissement de la population, mais aussi le Covid-19, qui a tué à ce jour plus de 60.000 personnes.

"Entre le 1er janvier et le 7 décembre, 617.197 décès sont survenus en 2020", a précisé vendredi sur son site l'Insee. Dans le détail, l'institut national de la statistique en avait recensé 613.243 pour toute l'année 2019, date du précédent record.

Sur cette période, c'est la région Auvergne-Rhône-Alpes qui apparaît comme la durement frappée, avec 25.699 décès enregistrés, contre 18.242 en 2019, soit une surmortalité de 7457 personnes. La Savoie (+65,2%), la Haute-Loire (+63,2%), la Loire (+53,6%), la Haute-Savoie (+52,9%), l'Isère (+47,8%) et l'Ain (+42,7%) sont les départements les plus fortement impactés.

"Trois autres régions, la Guadeloupe (+29%), Provence-Alpes-Côte d’Azur (+22%) et Bourgogne-Franche-Comté (+20%) sont aussi particulièrement touchées", précise l'institut national de la statistique, notant en revanche que la surmortalité dans les régions de l’ouest est, elle, bien moindre. Et pour cause, les taux sont de 4% pour la Bretagne, de 6% pour les Pays de la Loire et de 9% pour la Nouvelle-Aquitaine.

Au 7 décembre, 46.703 décès de plus que l'an dernier à la même date avaient ainsi été recensés. Comment expliquer cet excès de mortalité ? Selon l'Insee, il est essentiellement lié au Covid-19, qui a tué 60.229 personnes depuis mars, selon les derniers chiffres officiels publiés vendredi par Santé Publique France.

La tendance récente était toutefois à l'accalmie : après le pic de la deuxième vague épidémique atteint le 7 novembre, le nombre quotidien de décès a continué de refluer durant la première semaine de décembre, même s'il restait 13% au-dessus des chiffres enregistrés l'an dernier à la même période, selon l'Insee.

 

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"Fiasco", "désespérant", "ridicule" : la charge de professionnels de santé contre l'organisation de la vaccination

  la charge de professionnels de santé contre l'organisation de la vaccination  "Si on voulait rater la campagne de vaccination, on ne s'y serait pas pris autrement". Sur LCI, l'épidémiologiste Martin Blachier a sévèrement critiqué l'organisation de la vaccination contre le Covid-19 en France. L'urgentiste Patrick Pelloux critique lui "un poids administratif délirant".01 janv. 20:35

"Un fiasco", "c'est ahurissant,  rien n'a été organisé." L'épidémiologiste Martin Blachier a dénoncé en des termes cinglants l'organisation de la campagne de vaccination qui a débuté dimanche 27 décembre en France. Invité sur le plateau de LCI ce vendredi, l'intéressé a notamment critiqué le choix des autorités de santé de ne pas avoir encore mis en place de centres de vaccination. "On n'a même pas organisé la façon dont ça se passe. Pourquoi ? Parce qu'on n'a pas voulu vexer certaines corporations de médecins qui ont dit 'on ne veut pas être écartés comme on a été écartés pendant le H1N1. Mais qu'est ce qui est le plus important ? De vacciner les Français ou de soigner les susceptibilités ?"

"Je crois que c'est comme ça que ça a été pensé et c'est gravissime", a repris Martin Blachier avec agacement. "Les Français sont pris en otage de petites considérations politiciennes ridicules, internes au monde de la Santé." D'après lui, la vaccination n'ira pas assez vite si elle se fait exclusivement dans les cabinets médicaux et si le consentement par écrit ainsi que le délai de réflexion sont obligatoires. 

"Si on voulait rater la campagne de vaccination, on ne s'y serait pas pris autrement", a-t-il fini par considérer, développant un peu plus tard : "Les gens sont sceptiques sur le vaccin. (...) Ils vont aller chez leur médecin généraliste, là va s'engager une discussion et le médecin va essayer de convaincre la personne qui est venue de se faire vacciner. Qui imagine que ça peut marcher ?" Martin Blachier a ensuite réclamé une vaste campagne d'information du gouvernement puisque selon lui, l'adhésion à la vaccination passe inévitablement par une "communication de masse" et non par un entretien individuel avec son médecin.  "Si j'étais chef de l'Etat, je serais très dur avec le ministre de la Santé, c'est le plus grand fiasco qu'on aura jamais eu dans le monde de la santé. Un fiasco sur le plan logistique, sur le plan de la communication..."

Martin Blachier n'est pas le seul professionnel de santé à critiquer vertement l'organisation de la campagne de vaccination. "C'est désespérant, on est ridicule", a renchéri l'urgentiste Patrick Pelloux sur LCI dénonçant "le poids administratif délirant."

Campagne de vaccination : "C'est désespérant, on est ridicule", dénonce Patrick Pelloux

Pour la psychologue Marie-Estelle Dupont le rythme prudent de la campagne de vaccination choisi par le gouvernement se retourne désormais contre lui. "Le gouvernement a fait l'erreur de croire qu'en y allant doucement il allait rassurer (...). Une ambivalence qui - au contraire - "n'a fait qu’accroître la défiance".  

Vaccination : "Une hésitation et une ambivalence du gouvernement qui ne font qu’accroître la défiance"

  

Dans une série de messages postés deux heures avant les vœux d'Emmanuel Macron, le ministre de la Santé Olivier Véran a finalement annoncé  la mise en place "avant début février, de 1ers centres de vaccination en ville, pour commencer à vacciner les personnes âgées de 75 ans et plus, puis les 65 ans et plus". En Allemagne par exemple, des centres de vaccination sont déjà en place. "Pourquoi début février ? Normalement, ils devraient déjà être prêts", a encore critiqué l'épidémiologiste.

 

La campagne en France vise en priorité un million de personnes dans les Ehpad, ainsi que les soignants âgés de plus de 50 ans. À la mi-février, 700 000 personnes devraient avoir été vaccinées dans les Ehpad, d'après Alain Fischer, le "monsieur Vaccination" du gouvernement. Jeudi, seules 332 personnes avaient reçu une première injection du vaccin Pfizer/BioNTech.

«La lenteur de la vaccination française est un symptôme de notre déclassement»

FIGAROVOX/TRIBUNE - Le Royaume-Uni a déjà vacciné 1 million de personnes alors que la France au soir du 30 décembre n’en était qu’à 138, rappelle Antoine Levy. L’économiste et doctorant au MIT dresse une liste des différents dénis de notre administration qui expliquent ce retard ainsi que huit solutions potentielles pour le combler.