Covid-19 : le retour de la nicotine

30 Novembre 2020
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Rebelote. L'AP-HP lance une étude nationale afin de savoir si la nicotine protège du virus. « Les données épidémiologiques françaises montrent un taux de fumeurs actifs significativement plus faible dans la population Covid-19 que dans la population générale », explique l'AP-HP (20 novembre), justifiant ainsi le lancement d’une étude nationale portant sur plus de 1 600 personnes. Certaines d'entre elles porteront des patchs de nicotine pendant quatre à cinq mois et d'autres des patchs de placebo, afin de pouvoir comparer et vérifier si la nicotine a ou non un effet préventif contre le virus de la Covid-19, indique l’AFP.  À l'appui de cette hypothèse, l'AP-HP souligne dans son communiqué que « les données épidémiologiques françaises montrent un taux de fumeurs actifs significativement plus faible dans la population Covid-19 que dans la population générale ». « Ces données ont été aussi confirmées et renforcées par différentes études, dont l'une montrant que l'utilisation de substituts nicotiniques chez les fumeurs est associée à une baisse significative du risque d'hospitalisation pour Covid-19 », poursuit-elle. Toutefois, ce n'est surtout pas une raison pour fumer des cigarettes en espérant être protégé de la Covid-19 : « Le tabac tue beaucoup plus qu'il ne protège », met en garde l'AP-HP, dans son communiqué. Il y a quelques mois déjà avait été avancée l’hypothèse que la nicotine puisse avoir un effet protecteur contre la Covid-19 « en inhibant la pénétration et la propagation du virus dans les cellules (grâce à une action sur les récepteurs d'entrée du coronavirus Sars-CoV-2) ». « Elle pourrait ainsi avoir un rôle prophylactique (prévention) sur l'infection Covid-19 », suppose l'AP-HP. Elle se fixe comme objectif de réunir 1 633 participants-es à l'étude en les recrutant parmi les « personnels soignants médicaux et non médicaux travaillant dans un établissement de santé (médecins, infirmiers, aides-soignants, kinésithérapeutes, brancardiers, manipulateurs radio, étudiants en santé...) ». Ils devront être non-fumeurs (ou anciens fumeurs ayant arrêté depuis plus de douze mois), ne pas avoir d'antécédent de Covid-19 et travailler « au contact de patients (qu'ils soient ou non atteints de Covid-19) ». « Les inclusions viennent de démarrer dans les hôpitaux de la Pitié-Salpêtrière et Charles-Foix (AP-HP). Elles ont vocation à s'étendre sur le territoire national dans quinze centres hospitaliers, dont le Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud-Alsace ces prochains jours », conclut l'AP-HP. Au printemps dernier, à l’annonce d’un présumé effet protecteur de la nicotine contre la Covid-19 (pas démontré à ce jour), la ruée sur les substituts nicotiniques avait été telle que le gouvernement en avait limité la vente.