Covid-19 : les essais en cours

28 Mars 2020
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La chloroquine (dont un dérivé est l'hydroxychloroquine), un médicament antipaludéen qui aurait donné des résultats intéressants contre le nouveau coronavirus, ne sera pas mis sur le marché en France dans cette indication avant de nouveaux essais cliniques a indiqué le 23 mars le Premier ministre Édouard Philippe. Le chef du gouvernement a rappelé l’avis du Haut Conseil de la santé publique qui recommande son utilisation hors essais sous conditions strictes. La déclaration des autorités françaises suit de quelques heures celle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui mettait également en garde contre un usage de ce médicament ne s'appuyant pas sur des données scientifiques probantes, rappelle l'AFP. « Le Haut conseil recommande de ne pas utiliser ce traitement en l’absence de recommandation, à l’exception de formes graves, hospitalières sur décision collégiale des médecins et sous surveillance médicale stricte », a nettement insisté Olivier Véran. Le HCSP exclut par ailleurs « toute prescription dans la population générale ou pour des formes non sévères à ce stade, en l’absence de toute donnée probante », a-t-il souligné lors d’un point presse sur l’évolution du coronavirus en France. Un arrêté encadrant précisément le recours à ce traitement, sera pris « dans les prochaines heures », a précisé le ministre, qui entend éviter tout mésusage. C'est le dérivé de la chloroquine : l’hydroxychloroquine, connu en France sous le nom de Plaquénil (déjà utilisé dans d'autres indications comme le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde, et dont les malades continuent d’avoir absolument besoin de façon continue), qui a été utilisé dès février par des chercheurs-ses chinois-es. Ils-elles ont affirmé avoir eu des résultats positifs avec des essais cliniques portant sur une centaine de malades du Covid-19 dans une dizaine d’hôpitaux. En France, une étude faite sur un nombre très réduit de personnes (24 patients-es) par le professeur Didier Raoult, directeur de l’Institut Hospitalo-Universitaire (IHU) Méditerranée infection, et spécialiste des maladies infectieuses, a relayé en France ces résultats. Concernant l'essai réalisé par l'équipe du professeur Didier Raoult, les résultats seront publiés dans l'International Journal of Antimicrobial Agents. Annoncé le 11 mars dernier par la structure de recherche française sur l'infection à Covid-19, l'essai clinique européen Discovery qui doit porter sur 3 200 patients-es (France, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Royaume uni, Allemagne et l’Espagne) inclura au moins 800 patients-es français-es atteints-es de formes sévères du Covid-19. Il intègrera l'hydroxychloroquine aux côtés d'autres traitements ; l'essai vise, en effet, à comparer différentes lignes de traitements. « Piloté par le Dr Florence Ader, du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de la Croix-Rousse au CHU de Lyon et chercheuse au Centre international de recherche en infectiologie CIRI, l'essai comprendra donc cinq bras de traitements : soins standards ;  soins standards + remdesivir ; soins standards + lopinavir/ritonavir ; soins standards + lopinavir/ritonavir + interféron bêta ; soins standards + hydroxychloroquine », détaille Le Quotidien du Médecin. Interrogée par le journal médical, la chercheuse explique : « La grande force de cet essai est son caractère « adaptatif », explique Florence Ader. Cela signifie que très rapidement les traitements expérimentaux inefficaces pourront être abandonnés et remplacés par d’autres molécules qui émergeront de la recherche. Nous pourrons donc réagir en temps réel, en cohérence avec les données scientifiques les plus récentes, afin de mettre en évidence le meilleur traitement pour nos malades ».  En France, 800 personnes malades seront incluses dans l'essai. Il se déroulera en parallèle dans cinq hôpitaux français (hôpital Bichat AP-HP/Paris, Lille, Nantes, Strasbourg, Lyon). L'essai sera ensuite progressivement ouvert à d’autres centres pour arriver au moins à une vingtaine d’établissements participants, indique Le Quotidien du Médecin. Un autre essai clinique international, nommé Solidarity, va bientôt démarrer sous l’égide de l’Organisation Mondiale de la Santé. Les données des deux essais seront comparées. La décision des autorités françaises a été prise car celles-ci estiment que les premiers résultats jugés encourageants doivent impérativement être confirmés dans une étude randomisée plus large, avant d'envisager un éventuel usage plus large de ce traitement. C'est pour éviter tout effet d'emballement et des risques (un Américain vient de mourir après avoir utilisé de l'hydroxychloroquine à titre préventif d'une infection par le Covid-19) que l'Organisation mondiale de la santé a condamné l’administration de médicaments aux personnes infectées par le nouveau coronavirus avant que la communauté scientifique se soit accordée sur leur efficacité, mettant en garde contre les « faux espoirs » qu’ils pourraient susciter. « Des études réduites et non randomisées, réalisées à partir d’observations, ne nous apporteront pas les réponses dont nous avons besoin », a averti le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse virtuelle depuis Genève, citée par l'AFP. Une nouvelle mise en garde a été faite (24 mars) par Françoise Barré-Sinoussi, dans une interview publiée par Le Monde. La prix Nobel de médecin 2008 et virologue y appelle «  à la prudence sur la chloroquine ». Elle y explique que l’efficacité de ce traitement n’a pas encore été prouvée, selon elle, « de façon rigoureuse ». La chercheuse a été nommée par le président de la République à la tête d’un Comité analyse recherche et expertise qui devait être installé par l’Élysée le 24 mars. « Soyons patients », indique Françoise Barré-Sinoussi, qui appelle à attendre les résultats de l’essai clinique européen Discovery. Pour la co-lauréate du prix Nobel de médecine, « il est absolument indispensable que l’essai de ce médicament soit réalisé avec rigueur scientifique, pour avoir une réponse sur son efficacité, et ses éventuels effets secondaires », rappelle l'agence Reuters. « Il nous faut quelque chose de sérieux. D’autant plus que l’hydroxychloroquine, ce n’est pas du Doliprane, elle peut avoir des effets délétères et comporter des risques de toxicité cardiaque », souligne Françoise Barré-Sinoussi. « Il n’est donc pas raisonnable de la proposer à un grand nombre de patients pour l’instant, tant qu’on ne dispose pas de résultats fiables. Si cela marche, j’en serais très heureuse, et tester des molécules qui existent déjà sur le marché est une approche tout à fait raisonnable (…) Mais il faut des réponses solides à ces simples questions : est-ce efficace ? Existe-t-il des effets secondaires graves ? »

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Portrait de jl06

Prévention du coronavirus : la piste du BCG

INTERVIEW. Mis au point il y a un siècle, le vaccin contre la tuberculose, efficace pour traiter le cancer de la vessie, est étudié contre le nouveau coronavirus.

Propos recueillis par Publié le 27/03/2020 à 13:38 | Le Point.fr

 

Il faut mener une etude clinique pour evaluer scientifiquement les effets du BCG sur le coronavirus. En attendant, rien ne justifie le fait de se faire vacciner dans le contexte du Covid-19. Il faut mener une étude clinique pour évaluer scientifiquement les effets du BCG sur le coronavirus. En attendant, rien ne justifie le fait de se faire vacciner dans le contexte du Covid-19.
© CHAUVEAU NICOLAS/SIPA

Il s'agit d'une piste de recherche, parmi les nombreuses actuellement suivies pour tenter de mettre des bâtons dans les roues ou même pour faire tomber la couronne du Sars-CoV-2, dont la progression ne cesse d'inquiéter, partout dans le monde.

Celle-ci porte sur l'action possible du BCG. Oui, le fameux vaccin contre la tuberculose, le bacille de Calmette et Guérin, mis au point il y a près de 100 ans. Les dernières décennies ont permis de lui découvrir des effets autres que la prévention de la tuberculose. Le professeur Camille Locht, directeur de recherche Inserm à l'Institut Pasteur de Lille, tente de mettre en place en France un essai avec ce vaccin particulier.

Le Point : Pourquoi remettre ce « vieux » vaccin au goût du jour ? Pensez-vous vraiment qu'il puisse être utile dans la lutte contre l'épidémie de coronavirus ?

Camille Locht : Je l'espère, mais je tiens d'emblée à préciser qu'il est indispensable de mener des études cliniques pour évaluer scientifiquement les effets du BCG sur le coronavirus. En France, ce vaccin n'est plus obligatoire depuis 2007. Auparavant, beaucoup de gens l'ont reçu dans leur prime enfance. L'immunité induite par le BCG étant est d'environ 5 à 7 ans, leur protection - si elle existe encore - doit être très faible. Mais une nouvelle injection peut « réveiller » l'immunité en quelques heures ou quelques jours. Et pourquoi pas aider ainsi l'organisme à se battre contre ce nouveau virus. Ce ne serait pas la première fois que le BCG aurait des effets autres que ceux sur la tuberculose.

Des essais cliniques contre placebo sont déjà en préparation aux Pays-Bas, essentiellement auprès du personnel soignant, pour voir si cela permettait de prévenir l'infection. En France, on tente de lancer une étude un peu semblable en concertation avec d'autres pays, dont l'Espagne. Résultats dans quelques mois. En attendant, rien ne justifie le fait de se faire vacciner dans le contexte du Covid-19.

Vous parlez d'effets « autres » du BCG. Quels sont-ils et comment ont-ils été découverts ?

Dès le début du XXe siècle, des scientifiques ont remarqué qu'il existait une sorte de relation inverse entre cancer et tuberculose. Comme si cette infection protégeait les individus contre le cancer. Des études ont donc été initiées pour valider cette observation. Elles n'ont pas permis de confirmer les bienfaits, sauf pour le cancer de la vessie, surtout au stade précoce, peu invasif. Dans ce cas, le BCG est aujourd'hui le meilleur traitement.

Cela montre que ce vaccin a des propriétés immunologiques qui dépassent de loin la protection contre la tuberculose. Ce qui a été également démontré par des études épidémiologiques, réalisées il y a plusieurs dizaines d'années, notamment par des groupes en Guinée Bissau (Afrique), pays où la couverture vaccinale des enfants n'excédait alors pas les 30 %. Les chercheurs ont voulu vérifier, sur le terrain, l'efficacité du BCG. Et ils ont remarqué que les jeunes qui avaient reçu cette protection mouraient moins que les autres de la tuberculose, mais aussi d'autres pathologies respiratoires. C'était tellement étonnant que l'OMS regardait cela de loin.

Les choses ont-elles changé depuis ?

Oui, car la communauté scientifique internationale a fini par prendre conscience du fait que le BCG pouvait effectivement avoir un effet protecteur au-delà de la tuberculose. D'ailleurs il semble que ce soit également le cas pour d'autres vaccins vivants, comme celui contre la rougeole ou le vaccin buvable contre la polio.

On n'explique pas encore totalement ce phénomène, mais il est bien réel. Dans mon laboratoire, on travaille sur un nouveau vaccin vivant contre la coqueluche. On s'est rendu compte, dans des modèles animaux comme la souris, qu'il protégeait également contre la grippe et l'asthme … On peut donc espérer trouver, avec les vaccins vivants atténués, de nouveaux moyens de se protéger contre le Covid-19. Si cela se confirmait, ce ne serait hélas pas la solution, la France étant en pénurie totale et chronique de BCG produit à l’étranger et au compte goutte, sa fourniture pour lutter contre le cancer relevant déjà d’une guérilla permanente.

 

Portrait de mohican

Plusieurs médias américains et français rapportent qu’un homme d’une soixantaine d’années est mort lundi 23 mars en Arizona. Sa compagne a, quant à elle, été hospitalisée dans un état grave, après avoir ingéré la même substance, du phosphate de chloroquine. La chloroquine, un traitement utilisé contre le paludisme, pourrait être un remède contre le nouveau coronavirus. Mais, ce n’est pas exactement cette substance qu’a ingéré le couple d’Américains. La Cellule Vrai du faux de franceinfo vous explique.

La substance qu’a avalé le couple américain contient donc bien le même principe actif, mais les doses sont très différentes. Ce produit pour nettoyer les aquariums n’est pas un médicament. Ils ont ingéré une cuillère à café chacun, indique le New York Times"Trente minutes après l’ingestion, le couple a ressenti des effets immédiats nécessitants leur hospitalisation", indique l'ONG Banner Health, qui a révélé l’histoire sur son site.

du phosphate de chloroquine :  

Le produit ingéré sert à nettoyer les aquariums.

Portrait de jl06

Covid-19 : Didier Raoult publie une deuxième étude sur l'effet de l'hydroxychloroquine

Par LEXPRESS.fr - La nouvelle étude de Didier Raoult, directeur de l'IHU méditerranée infection, ne dispose pas d'un "groupe de contrôle", qui aurait permis de mesurer l'efficacité de son traitement.

La nouvelle étude de Didier Raoult, directeur de l'IHU méditerranée infection, ne dispose pas d'un "groupe de contrôle", qui aurait permis de mesurer l'efficacité de son traitement.

Les résultats portent sur 80 patients traités à l'hydroxychloroquine et à l'azithromycine. Ils semblent montrer une diminution de la charge virale.

Didier Raoult, le directeur de l'Institut Méditerranée Infection de Marseille, affirme disposer de nouveaux arguments pour lutter contre le Covid-19. Le très médiatique infectiologue a diffusé vendredi soir une nouvelle étude sur les effets de la prise combinée d'hydroxychloroquine (dérivé de l'antipaludéen chloroquine) et d'un antibiotique, l'azithromycine. Ces travaux, préliminaires, n'ont pas encore été relus par des pairs ni publiés dans une revue scientifique.  

Les résultats portent sur 80 patients traités en leur administrant des doses d'hydroxychloroquine (trois fois 200 mg) et d'azithromycine (250 mg) pendant 6 à 10 jours. Le traitement a été donné après un contrôle des risques cardiaques, qui peuvent potentiellement augmenter avec cette combinaison. En moyenne, les patients étaient en bonne santé, ils ont été traités 5 jours après l'apparition des symptômes, qui eux apparaissent 5 à 6 jours après l'infection.

Pas de groupe de contrôle, pas de comparaison possible

Résultat : 65 des 80 patients sont sortis sans aggravation de leurs symptômes. 12 ont dû recourir à une thérapie à l'oxygène mais ont également pu être guéris. Trois sont passés en unité de soins intensifs (deux sont guéris et un, âgé de 74 ans, s'y trouve encore). Enfin, un patient de 86 ans est mort. L'étude souligne également une rapide diminution de la charge virale des malades. Au huitième des dix jours de suivi, 93% d'entre eux étaient négatifs au test permettant de détecter la trace du coronavirus SARS-CoV-2.

Selon le professeur Raoult, son étude prouve "l'efficacité de [son] protocole". Néanmoins, il est à noter qu'aucun groupe de contrôle n'est présent dans cette étude. Dans un essai clinique, un groupe de contrôle est constitué de patients qui ne reçoivent aucun traitement ou un placebo (un faux médicament dépourvu de substance active). Ce protocole permet de comparer l'efficacité du traitement avec celle du placebo et donc de la mesurer précisément. Ce que ces travaux ne permettent pas.

Une diminution de la charge virale

Pour combler ce manquement, le professeur Raoult et ses collègues ont donc comparé leurs résultats à d'autres études, notamment une menée à Wuhan, en Chine. Sauf que les critères d'admission des patients sont très différents dans les deux cas : en Chine, les patients présentaient des formes sévères de la maladie, 28% d'entre eux sont d'ailleurs décédés.  

Il est donc impossible de comparer les deux taux de mortalité. En revanche, l'analyse des deux études permet de constater que la charge virale a diminué plus rapidement chez les patients traités par l'équipe marseillaise.  

 

bien lire entre les lignes...
le piége du DYSCOVERI ... et qu'ils vont le faire les patients présentant  des formes sévères de la maladie, la guéguerre continue ..................!

 

Portrait de jl06

Une nouvelle étude de l'IHU Méditerranée Infection préconise une bi-thérapie associant l'hydroxychloroquine et un antibiotique pulmonaire. Ses effets sont confirmés par les résultats observés sur une cohorte de 500 patients dans l'Etat de New-York.

Portrait de mohican

Tant mieux...Espérons que ce soit efficace et que notre gouvernement n'attende pas trop longtemps pour l'utiliser en masse.....

Portrait de jl06

" Uniquement des patients hospitalisés et gravement atteints.""
tester des patients qui n'ont plus les traces, juste la detresse respiratoire, je ne suis pas sur que ca serve a qqch
raoult avait l'honnetete de dire a qui il donnait ses medicaments et pourquoi !
on peut pas comparer des choux et des patates en reprochant aux autres leur methodologie ' non scientifique'
comme disait un oncologue, administrer un produit contre le cancer, ca sert a quelque chose, mais pas forcement 2 jours avant la mort du patient!
choisir les patients irrecuperables, moi je vous economise le prix des etudes pantalonnades, vu qu'on connait les resultats avant l'heure!
comparer des traitements pas donnes aux memes type s de patient, ca sert a rien............
si vous cherchez un sujet d'etude tout a fait objectif, merci de repondre a la question: le traitement a la chloriquine est
1 neutre
2 sans efficacite
3 sans efficacite aucune
4 absolument sans efficacite aucune'
( j'ai un peu mon idee sur la conclusion de l'etude a la francaise ' facon scientifique)
faudra arreter de se foutre de la gueule des gens, ils commencent a devenir un peu NERVEUX  !

Portrait de Tortue

Je commence à l'être  ,  crise d'angoisse par moment  moi qui suis habitué à sortir  être tout le temps en mouvement a la rencontre de personnes diverses et ami es .

Quand au  seul traitement  actuel chloriquine et antibiotiques je suis pour qu'il soit prescrit a touts les malades selon le cas  , je pense qu'il  est efficace du moins en attendant autre chose .

Un grand merci aux soignants tous confondus medecins , infirmieres et auxiliaires de vie pour leur dévouement  .

Enfin vivement que l'on en finisse avec ce virus .

Prenez bien soins de vous