Covid et antibiorésistance

22 Janvier 2021
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La gonorrhée (qu’on connaît aussi sous les noms de « chaude-pisse », de « gonococcie » ou encore de « blennorragie ») est une IST qui, chaque année, est diagnostiquée chez près de 90 millions de personnes dans le monde. Cette infection est de plus en plus résistante aux traitements antibiotiques, rappelle le Quotidien du Pharmacien (7 janvier). Aujourd’hui, les experts-es craignent que la pandémie de Covid-19 ne contribue à aggraver le phénomène. C’est, en tout cas, l’avis de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui constate que cette maladie courante est de plus en plus difficile à traiter. En cause, l’antibiorésistance et sa conséquence : on dispose de moins en moins de traitements efficaces contre la gonorrhée. Récemment, le site d’infos The Conversation a consacré un article à l’antibiorésistance. Concernant cette IST, des résistances sont apparues avec certains antibiotiques comme la pénicilline ou les tétracyclines, désormais inefficaces, indique le Quotidien du Pharmacien. Cela a provoqué une augmentation de 17 % des cas de gonorrhées dans le monde entre 2016 et 2017, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CEDC). L'Institut de veille sanitaire français (InVS, aujourd’hui Santé publique France) évoquait même une augmentation de 300 % du nombre de cas en France, dans un rapport publié en 2018. « La pandémie de Covid-19 a conduit à une augmentation de l'usage d'antibiotiques, ce qui entraînera à terme une plus haute résistance antibiotique. Cela aura un impact sur le traitement des maladies et le nombre de morts, pendant la pandémie et au-delà », a d’ailleurs averti, il y a quelques mois, le Dr Tedros Ghebreyesus, patron de l’OMS. Et le Quotidien du Pharmacien de conclure : « La gonorrhée, elle, pourrait résister à tous les traitements antibiotiques existants à moyen terme ». Elle est considérée comme une « menace urgente » par le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies américain (CDC) et représente « une priorité de recherche élevée » pour l’OMS.