Covid et problèmes psy

17 Avril 2021
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Une personne sur trois qui a surmonté la Covid-19 a eu un diagnostic de troubles neurologiques ou psychiatriques dans les six mois suivant l'infection, selon la plus grosse étude à ce jour sur le bilan mental d'anciens-nes malades de la Covid. C’est ce qu’indiquent les résultats d’une étude parue mercredi 7 avril dans le journal spécialisé The Lancet Psychiatry. L'anxiété (17 %) et les troubles de l'humeur (14 %) étaient les diagnostics les plus fréquents. L'incidence des atteintes neurologiques telles que les hémorragies cérébrales (0,6 %), les accidents vasculaires cérébraux (2,1 %) et la démence (0,7 %) était globalement plus faible, mais le risque était généralement plus élevé parmi les patients-es qui avaient été gravement malades, souligne l’AFP. En analysant les dossiers de santé électroniques de 236 379 personnes atteintes de Covid, les auteurs-rices relèvent que 34 % ont eu un diagnostic de maladie neurologique ou psychiatrique dans les six mois suivant l'infection. Pour 13 % de ces personnes, il s'agissait de leur premier diagnostic neurologique ou psychiatrique. Le risque de développer des troubles à long terme est accru chez les personnes hospitalisées pour Covid-19 sévère. Ainsi, 46 % des patients-es admis-es en réanimation ont eu un diagnostic de troubles neurologiques ou psychiatriques six mois après l'infection. Près de 7 % des patients-es qui avaient été en réanimation ont fait un AVC ultérieur, 2,7 % une hémorragie cérébrale et près de 2 % ont développé une démence, contre respectivement 1,3 %, 0,3 % et 0,4 % de ceux non hospitalisés. Les chercheurs ont également examiné les données de plus de 100 000 personnes ayant eu un diagnostic de grippe et celles de plus de 236 000 personnes avec un diagnostic d'infections respiratoires. Le risque de diagnostics neurologiques ou psychiatriques était dans l'ensemble de 44 % plus élevé après la Covid qu'après la grippe, et de 16 % plus élevé qu'après une infection des voies respiratoires. « Malheureusement, bon nombre des troubles identifiés dans cette étude ont tendance à être chroniques ou récurrents, nous pouvons donc anticiper que l'impact du Covid-19 pourrait perdurer pendant de nombreuses années », écrit le Dr Jonathan Rogers de l'Université de Londres (UCL) dans un commentaire publié dans le journal. Les personnes étudiées ont probablement été plus gravement touchées que dans la population générale, notent toutefois les auteurs-rices en évoquant celles, nombreuses, qui ne vont pas consulter pour des symptômes légers ou inexistants.