Covid : la théorie du labo chinois

1 Juin 2021
244 lectures
Notez l'article : 
0
 

Longtemps balayée d'un revers de main par la plupart des experts-es, jugée hautement improbable si ce n'est farfelue, la théorie de l'accident de laboratoire pour expliquer l'origine de la Covid-19 est revenue en force ces dernières semaines dans le débat américain, prévient l’AFP. « La liste des personnes soutenant la thèse d'une origine animale n'a pas bougé. Et celle des personnes suggérant que (le virus) a pu sortir d'un laboratoire a continué de s'allonger », a résumé lundi 24 mai sur CNBC Scott Gottlieb, ancien patron respecté de l'Agence américaine des médicaments (FDA). « Il y a un an », soutenir la thèse d'une origine naturelle « faisait grand sens car c'était le scénario le plus probable », a-t-il expliqué. Mais ce qui est appelé « l'hôte intermédiaire », c'est-à-dire l'animal depuis lequel le virus a été transmis à l'homme, n'a toujours pas été découvert. « Et ce n'est pas faute d'avoir cherché », note le scientifique. Le 23 mai, le Wall Street Journal a affirmé avoir eu accès à des informations inédites du renseignement américain, rapportant que trois chercheurs-ses de l'Institut de virologie de Wuhan, en Chine, avaient été atteints-es dès novembre 2019 de « symptômes compatibles à la fois avec ceux de la Covid-19 et une infection saisonnière », ayant nécessité des soins hospitaliers. La Chine a révélé fin décembre, soit le mois suivant, l'existence d'un foyer de cas de pneumonies à Wuhan à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Pékin a démenti les informations du Wall Street Journal, les qualifiant de « totalement fausses ».  « Nous devons aller au fond des choses, quelle que soit la réponse, et c'est une priorité pour nous », a martelé, le 24 mai, Andy Slavitt, conseiller de la Maison Blanche pour la lutte contre la Covid-19. « Nous avons besoin d'un processus complètement transparent de la part de la Chine, et que l'OMS apporte son aide sur le sujet ».  Après un séjour de quatre semaines à Wuhan en début 2021, une étude conjointe d'experts-es de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et chinois a jugé en mars « extrêmement improbable » un accident de laboratoire.  Mais le patron de l'OMS lui-même, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait réclamé une nouvelle enquête sur l'hypothèse de la fuite de laboratoire car les conclusions de la poremière enquête ont pâti de la censure des autorités chinoises (sites non visités, données non communiquées, etc.).  Plusieurs pays, dont les États-Unis, avaient exprimé leurs « préoccupations » et réclamé à la Chine de donner « pleinement accès" à ses données.  Une demande renouvelée lundi 24 mai à l'occasion de la 74e Assemblée mondiale de la santé. Et les appels en faveur d'une enquête plus approfondie se multiplient, y compris au sein de la communauté scientifique.  Mi-mai, une quinzaine d'experts-es ont publié une tribune dans la prestigieuse revue Science : « Nous avons besoin de davantage de recherches pour déterminer l'origine de la pandémie », ont-ils réclamé. Les théories d'une origine animale ou accidentelle en laboratoire « restent toutes les deux viables », ont-ils/elles écrit, mais « il ne leur a pas été donné une considération équitable ».  Les deux hypothèses « doivent être considérées sérieusement jusqu'à ce que nous ayons suffisamment de données », ont estimé les experts-es, en demandant que « les agences de santé publiques et les laboratoires de recherches ouvrent leurs données au public ».