Covid : une étude de l’ORS

19 Juillet 2021
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Qui a été touché-e par la Covid-19 en Île-de-France en 2020, au point de devoir être hospitalisé-e ? C’est à cette question que répond une étude récente conduite par l’Observatoire régional de santé d'Île-de-France (ORS IDF) dont les résultats ont été publiés le 6 juillet dernier. Techniquement parlant, l’étude porte sur les « déterminants socio-spatiaux de la morbidité sur les deux pics épidémiques » de 2020. Derrière, une formule technique, voire absconse, on trouve cependant des informations intéressantes. Premier fait marquant : l'Île-de-France, particulièrement touchée par la première vague de l'épidémie de Covid-19, a dû faire face à la saturation de ses capacités d'accueil en soins intensifs, le taux d'occupation de ces services dépassant les 214 % lors du premier pic épidémique d'avril 2020. La deuxième vague s'est avérée moins forte en Île-de-France, contrairement à ce qui a pu être observé dans d'autres régions, mais les taux d'hospitalisations sont restés à des niveaux élevés dans la durée mettant à nouveau à l'épreuve les services hospitaliers. Autre fait important : les communes de Seine-Saint-Denis se sont distinguées en termes d'hospitalisations et d'occupation des services de réanimation au cours des deux vagues illustrant une fois de plus les inégalités sociales de santé qui les frappent. Par ailleurs, en dehors de l'effet important de l'âge, l'état de santé initial des personnes (la présence ou pas de comorbidités, par exemple), les caractéristiques de leur environnement immédiat jouent un rôle certain dans leur vulnérabilité face au virus. L’étude nous apprend aussi que, parmi d’autres critères : être un homme, avoir plus de 50 ans, être en affection de longue durée (ALD), être allocataire d'aides sociales, vivre dans une commune dense et plutôt défavorisée et avec une part importante de travailleurs-clés ... autant d'indicateurs qui accroissent considérablement le risque de faire une forme grave de Covid-19. Enfin, la saturation des hôpitaux de la région par les patients-es atteints-es de Covid-19 fait « craindre un nombre élevé de soins reportés et le risque d'une aggravation de certaines pathologies, phénomène qu'il faudra mesurer dans la région », souligne l’étude.