CPAM : moins d’économies

3 Juillet 2020
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Médicaments génériques, arrêts de travail, lutte contre la fraude... L'Assurance maladie a renouvelé vendredi 26 juin sa stratégie annuelle d'économies, en réduisant la dose de moitié avec un objectif fixé à un peu plus d'un milliard d'euros pour 2021. La crise sanitaire liée à la Covid-19 n'est pas terminée, l'heure n'est pas à la cure d'austérité. « Saignée par le coronavirus et le confinement » (31 milliards d'euros de déficit prévus cette année), l'Assurance maladie n'entend pas serrer le garrot en 2021 pour juguler ses pertes. Dans son traditionnel rapport « Charges et produits » remis chaque année en amont du budget de la Sécurité sociale (PLFSS) présenté à l'automne, elle abaisse nettement le montant des économies attendues pour freiner la hausse inexorable des dépenses de sant é: 1,07 milliard d'euros en 2021, contre 2,07 milliards visés en 2020, rappelle l’AFP. Une baisse justifiée par « la moindre progression des soins de ville (...) qui se traduira par un effet de base potentiellement favorable ». En clair, la chute d'activité des médecins, dentistes et autres kinés depuis la mi-mars ne sera pas rattrapée d'ici la fin de l'année.  Inutile donc de demander des efforts supplémentaires à ces professionnels-les dont les revenus ont été mis à mal, d'autant plus que l'hypothèse d'une nouvelle « vague » épidémique ne peut être écartée. Des efforts sont maintenus sur le médicament. Si l'Assurance maladie compte toujours sur les génériques et biosimilaires pour limiter les coûts, les antibiotiques ne font en revanche plus partie de ses priorités. Pas d’économies envisagées concernant l'hôpital. Ce secteur apparait donc largement épargné, alors que l'exécutif s'apprête à annoncer des hausses de salaires conséquentes et d'importants investissements dans le cadre du « Ségur de la santé ».  L'Assurance maladie souhaite par ailleurs « poursuivre le déploiement de la télémédecine » en prolongeant jusqu'à fin 2021 la prise en charge à 100 % des téléconsultations, et en conservant jusqu'à la fin de l'année les règles du « télésoin » (infirmiers, kinés, sages-femmes...) qui arrivent à échéance "avec la fin de l'état d'urgence sanitaire" le 10 juillet.