Croi 2021 : une édition virtuelle

5 Mars 2021
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La Croi (Conférence sur les rétrovirus et les maladies opportunistes) c’est LE sommet américain de l’avancée des travaux scientifiques et médicaux sur l’épidémie de VIH/sida, mais aussi d’autres maladies graves pour la santé publique (virus Zika, hépatites, cancers, etc.). La conférence accueille chaque année plus de 4 000 participants-es venus-es de 75 pays différents. L’année dernière, en pleine montée de l’épidémie de Covid-19, et à la veille du lancement de la conférence, les organisateurs-rices ont dû annuler dans l’urgence les sessions en présentiel et basculer toute la conférence en mode virtuel. Cette année, la conférence fut envisagée dans un premier temps en présentiel à Chicago, mais assez vite, les organisateurs-rices ont compris que la Covid-19 n’accorderait pas beaucoup de répit au monde et ils-elles ont préparé une conférence 100 % virtuelle qui aura lieu du 6 au 10 mars. Au programme, une grande partie des sessions live (qui auront lieu chaque jour de 16h à 20h30, heures françaises) sera accordée à la Covid-19 et, ce, dès la plénière d’ouverture, dimanche 7 mars, consacrée aux stratégies de vaccination et de traitement de la Covid-19. Certaines sessions vont se pencher sur l’impact du VIH sur la Covid-19, un sujet qui souffre à ce jour d’un manque de données consolidées, ce qui donne parfois des conclusions d’études assez contradictoires. Seronet va suivre de près les sessions consacrées aux avancées thérapeutiques sur les ARV et notamment sur les stratégies d’allègement thérapeutique, de simplification et les traitements injectables, mais aussi sur l’impact des effets indésirables avec une discussion prévue le lundi 8 mars sur la prise des poids due aux ARV. La Prep sera également au programme de plusieurs sessions et notamment les nouvelles façons de prendre ce traitement préventif (injections, implants, comprimé mensuel, etc.). Du côté français, les dernières données de l’étude ANRS-Prévenir seront présentées (étude qui évalue l’impact de la Prep sur l’épidémie du VIH en Île-de-France). Enfin, le dernier jour, une session dédiée à une stratégie de guérison du VIH fondée sur les contrôleurs (en anglais elite controllers), c'est-à-dire les personnes infectées par le VIH, mais qui ne développent pas le sida et dont l'organisme parvient spontanément et durablement à contrôler la réplication virale sans avoir recours aux ARV. Un programme dense et riche qui accordera une part non négligeable à la Covid-19, comme c’est le cas dans la plupart des conférences consacrées au VIH/sida, depuis un an. Un signe que non seulement la pandémie s’inscrit dans la durée, mais que cette dernière prend de plus en plus de place dans des rendez-vous qui sont devenus quasiment des rituels de la communauté scientifique VIH/sida. Espérons que cette 28e édition saura trouver un équilibre pour que la place accordée à cette nouvelle épidémie ne se fasse pas au détriment de l’ « autre » épidémie… À suivre sur Seronet.