De nouvelles mesures pour les urgences

20 Septembre 2019
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Six mois après le début de la grève dans les urgences hospitalières, la ministre de la Santé et des Solidarités Agnès Buzyn a dévoilé un nouveau train de mesures, dont un « budget dédié », indique l’agence Reuters (10 septembre). « Il y aura un budget dédié pour régler la crise des urgences », avait assuré Agnès Buzyn dimanche 8 septembre dans l'émission Questions politiques (France Inter - France Info - Le Monde), promettant de « mettre de l'argent dans des solutions qui vont régler le problème sur le long terme ». « Je vais apporter des moyens, mais pas simplement pour financer des postes en plus dans les urgences, parce que ce serait reculer pour mieux sauter », avait-t-elle alors ajouté. Selon le Journal du dimanche et Les Échos, le gouvernement envisageait  la suppression du système du paiement à l'acte, un coup d'arrêt à l'intérim concernant les médecins et décider de réouvertures de lits « sous condition et région par région ». Mais, au final, c’est un plan différent qui est sorti du chapeau. Il tient en douze propositions et coûtera 1,1 milliard d’euros sur 4 ans (2019 à 2022). Agnès Buzyn veut mettre en place d’ici l’été 2020 une plateforme dite SAS - accessible en ligne ou par téléphone - qui orientera les patients vers l’hôpital en cas d’urgence vitale, vers la médecine de ville si cela peut attendre, ou qui pourra dispenser des informations médicales. Son coût est évalué à 340 millions d’euros. Ce service d’accès aux soins (SAS) proposera aussi une carte où chacun-e pourra consulter les structures disponibles à proximité de chez soi : cabinet médical ou paramédical, pharmacie de garde, service d’urgence avec estimation du temps d’attente, etc. La ministre de la Santé prévoit également de mettre à contribution les médecins libéraux : ceux-ci devront proposer davantage de consultations sans rendez-vous dans leur cabinet, dans le cadre des obligations des nouvelles communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Ils seront aidés par la création de 3 500 postes d’assistants médicaux dans les cabinets. Pour vaincre les réticences des patients-es, qui préfèrent souvent se rendre aux urgences parce que c’est « gratuit », le tiers payant era systématiquement mis en place dès fin 2019 dans le cadre de la garde des médecins libéraux. Les patients-es n’auront donc rien à débourser. La pratique d’examens biologiques simples et automatisés (glycémie, hématologie, marqueurs cardiaques etc.) sera aussi rendue possible dans les cabinets libéraux, avec une aide au financement des équipements à compter de 2020. Le SAMU pourra désormais solliciter une ambulance ou taxi pour conduire un patient à un rendez-vous chez un médecin de ville. Le plan Buzyn prévoit aussi de s’appuyer davantage sur les professionnels non-médecins, de réformer le financement des urgences, ou encore de renforcer la sécurité des professionnels-les soumis à la multiplication des actes de violence. Ces nouvelles mesures s’ajoutent à celles qui ont été présentées en juin dernier (primes pour les personnels des urgences hors médecins), puis le 2 septembre avec l’« admission directe » pour les personnes âgées et la «vidéo assistance» dans tous les Samu, précise l’AFP.