Décès de Maîtresse Gilda

15 Février 2022
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Ce 13 février 2022, les luttes LGBTQI+, contre le VIH/sida et pour les droits des travailleuses-eurs du sexe pleurent un-e activiste historique. Bien que ses proches l’aient aussi appelée par son prénom masculin, pour travailler et militer, elle se présentait comme Maîtresse Gilda, en référence au personnage de femme fatale de Rita Hayworth, dans le film du même nom. « Il est il, mais il dit elle », résumait France Inter pour son portrait en 2013, elle se définissait en effet comme « travpédépute » dans une interview accordée à Komitid. Le mot pute et non prostituée, elle y tenait. « J’aime pas le mot prostituée car c’est un participe passé qui sous-entend qu’on l’est par quelqu’un d’autre, pour quelqu’un d’autre ». Ayant exercé le travail du sexe durant près de trois décennies, elle a co-fondé le Strass (Syndicat du travail sexuel) et en a été porte-parole durant plusieurs années, elle a combattu aussi bien le délit de racolage public que contre la loi de pénalisation des clients et le modèle abolitionniste en général. « J’aimerais qu’un jour Élise Lucet enquête sur le business abolitionniste, parce qu’il s’agit de millions d’euros d’argent public chaque année », confiait-elle d’ailleurs à Komitid en 2018. « En tant que minorités, nous devrions tous-tes être solidaires et combattre ensemble : Femmes, Putes, Migrants-es, Séropos, Séronegs, LGBTQIANBXXX ! » scandait-elle dans cette même interview. Militante pour les droits des travailleuses-eurs du sexe, Maîtresse Gilda était aussi, naturellement, très impliquée dans les luttes contre les LGBTQIphobies, le racisme et la sérophobie. « Beaucoup d'entre nous se souviendront de son humour, de sa passion, son profond rejet pour la commisération des abolitionnistes, de son amour pour sa communauté TDS. Nous perdons une grande combattante », a publié le Strass dans son hommage, le 15 février.