Dépistage tardif et traitement boosté

26 Février 2020
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Pour les personnes dépistées à un stade avancée de l’infection du VIH et donc qui débutent tardivement un traitement, des chercheurs-ses avaient imaginé qu’un traitement additionnel, au maraviroc (Celsentri), pouvait présenter un bénéfice pour des personnes fortement exposées aux infections opportunistes, mais aussi pour éviter une réponse immunitaire trop violente et donc les phénomènes dit d’Iris (syndrome de reconstitution inflammatoire). Cela n’a pas eu d’effet. Telle est la conclusion de l’essai ANRS Optimal, un essai randomisé auprès de personnes séropositives diagnostiquées pour le VIH tardivement. L’essai a été conduit en France, Espagne et Italie. Les détails de l’étude ont été publiés le 11 février dernier, dans la revue Annals of Internal Medicine. Les auteurs-rices ont expliqué avoir comparé « 416 patients adultes séropositifs volontaires initiant un traitement antirétroviral combiné. Ces patients, diagnostiqués à un stade avancé de l’infection, ont été répartis dans deux groupes : un premier groupe de 207 patients qui recevait le traitement antirétroviral (une trithérapie) + un placebo, un second groupe (202 patients) recevant une trithérapie + maraviroc pendant 72 semaines. » Ces derniers-nières ont observé, par des consultations auprès de ces patients, les événements de santé vécus durant ces 18 mois. Au final, les chercheurs-seuses observent une incidence de la morbidité de 11,2 par 100 personnes/année. Ceci signifie que sur cent personnes suivies une année, il existe une probabilité d’observer 11, 2 événements de santé, dans le groupe prenant un antirétroviral + maraviroc. Le groupe contrôle, traitement ARV + du placebo, obtient, lui, une incidence de 11,1. On peut donc en conclure que l’ajout du maraviroc au traitement antirétroviral standard n’a aucun effet supplémentaire. « Au total, un traitement antirétroviral composé de quatre molécules dont le maraviroc, administré durant 18 mois ne démontre pas de bénéfice clinique chez des personnes présentant un stade avancé de l’infection au VIH, comparé à une trithérapie standard. Cependant, un effet bénéfique du maraviroc sur la survenue d'évènements cliniques durant les six premiers mois, suggéré par une sous étude réalisée dans le cadre de cet essai,  pourrait mériter des études supplémentaires », estiment encore ces derniers.