Des migrants-es saisissent la justice

5 Février 2021
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Des personnes migrantes, leurs soutiens se sont rassemblés le 28 janvier dernier devant le tribunal administratif de Paris pour dénoncer, une fois encore, les difficultés d’accès aux rendez-vous en préfecture pour déposer leurs demandes de titres de séjour. Depuis des années, la situation tient de l’impasse et selon les quelque 300 participants-es cette impasse les condamne à vivre en situation irrégulière. « Je me connecte tout le temps, de l’ordinateur, de la tablette, de mon téléphone. Mais impossible », affirme Seydou qui s’efforce, en vain, d’obtenir un rendez-vous dans sa préfecture. Il a particité à la manifestation, tenant une banderole « Droit à un rendez-vous en préfecture pour tous ». Jusqu’ici, Seydou a toujours refusé de payer pour un rendez-vous, qui se monnaie 600 euros au marché noir, affirme-t-il à l’AFP. Pour lui, c’est « trop cher ». Comme le rappelle l’AFP, une action similaire a déjà été conduite le 10 décembre dernier devant des tribunaux administratifs d’Île-de-France. Une centaine de recours en référé ont été déposés le 28 janvier à l’issue de la manifestation. « En dématérialisant progressivement les prises de rendez-vous, sans prévoir aucune autre possibilité d’accès aux guichets, les préfectures ont quasiment fermé les portes de l’admission exceptionnelle au séjour, seule voie d’accès à une vie normale », ont dénoncé dans un communiqué une trentaine d’associations et syndicats, dont la Ligue des droits de l’homme ou la CGT. « Sous couvert de dématérialisation, très peu de rendez-vous sont délivrés », a renchéri auprès de l’AFP Clémence Lormier, une responsable de la Cimade. Avant, a-t-elle ajouté, « on voyait de longues queues devant les préfectures, maintenant il y a toujours autant de monde, sauf qu’ils ont été invisibilisés ». « Mais quand on sait que certaines cartes de séjour expirent au bout d’un an, ou que les jeunes qui deviennent majeurs ont jusqu’à leur 19e anniversaire pour faire leur demande de titre de séjour, on voit qu’il y a des conséquences très lourdes. Faute de rendez-vous, ils se retrouvent en situation irrégulière. » Pour Me Elena de Guerould, du Syndicat des avocats de France, l’« absence d’alternative est illégale ». « La dématérialisation doit être un droit et non une obligation », a-t-elle estimé.