Des services pour les femmes injectrices

15 Mars 2020
333 lectures
Notez l'article : 
0
 

Dans de très nombreux pays, les personnes usagères de drogues forment une population extrêmement stigmatisée et confrontée à de fortes discriminations, rappelle l’Onusida (2 mars). Les femmes consommatrices de drogues le sont à double titre : à cause de leur addiction et du fait d’être femme. Elles sont ainsi davantage exposées à la violence fondée sur le genre et aux violations des droits humains, par conséquent, au risque d’une infection par le VIH ou l’hépatite C. Dans le monde, seuls quelques programmes de réduction des risques proposent des services répondant aux besoins des femmes, rappelle l’Onusida, mais des discriminations fondées sur le sexe peuvent en tenir les femmes éloignées. « Il n’est pas rare non plus que les services liés au VIH ne prennent pas en compte les besoins des consommatrices de drogue ». Dans le cadre de son action en faveur des femmes injectrices, l’India HIV/AIDS Alliance intervient, avec le soutien du gouvernement du Penjab, dans un important hôpital. Cette collaboration vise à élaborer un modèle complet de réduction des risques destiné aux consommatrices injectrices dans cet État. L’hôpital propose une approche globale de la personne. Il dispose d’une clinique de réduction des risques qui fournit des services liés au VIH et à la réduction des risques. Les femmes ont accès gratuitement et aux heures qui leur conviennent le mieux à différents services : accès aux traitements de substitution aux opiacés, programmes de matériel stérile d’injection, naloxone, pour réagir en cas de surdoses d’opiacés. Par ailleurs, l’établissement travaille avec des organisations non gouvernementales locales afin de garantir que les femmes aient accès à d’autres services : conseils de prévention, dépistages du VIH et des autres IST ou encore des services sur la santé reproductive et sexuelle. Lancé en février 2019, le projet a déjà atteint son objectif de toucher 150 femmes consommatrices. Le projet fera l’objet d’une évaluation, courant 2020, et les conclusions serviront à lancer et déployer le modèle en Inde et dans d’autres parties de l’Asie.