Déserts médicaux en augmentation

24 Février 2020
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De plus en plus de personnes ont de moins en moins accès à des consultations de médecins généralistes. Ce constat est fait par la Drees (direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques des ministères sociaux) dans une étude publiée vendredi 14 février. On y explique que le nombre d'individus habitant dans un désert médical est passé de 2,5 millions en 2015 à 3,8 millions en 2018. La Drees estime toutefois que la part de la population française qui vit dans une zone sous-dense (c'est-à-dire ayant accès à moins de 2,5 consultations par an et par habitant-e) est « faible ». « Mais elle passe, en quatre ans, de 3,8 % à 5,7 % », détaille l’AFP. La cause de cette augmentation ? « La diminution globale du nombre de médecins en activité sous l'effet de nombreux départs à la retraite, que les nouvelles installations ne compensent pas ». « À l'échelle régionale, la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe » sont les plus touchées par la sous-densité médicale, « suivies en métropole par l'Île-de-France et le Centre-Val-de-Loire ». La Drees souligne que « la situation est particulièrement dégradée en Guyane », touchée par une « très forte croissance démographique » et où près de la moitié des habitants-es (44,2 %, soit environ 120 000 personnes) sont concernés-es. Mais c'est l'Île-de-France qui concentre le plus grand nombre de personnes vivant en zone sous-dense, soit 1,8 million, contre 318 000 en Centre-Val-de-Loire. Dans ces deux régions, « le nombre de médecins généralistes a diminué respectivement de 4,2 % et de 5,8 % », en dépit d'une croissance démographique positive. La Normandie a, quant à elle, vu la part de sa population concernée passer de 1,5 % à 5,3 % sur la période. « Un niveau à présent proche de la moyenne nationale » et là encore lié à la baisse (-4,2 %) du nombre de médecins. De manière générale, « les inégalités s'accentuent entre les communes les moins bien dotées et celles qui le sont le plus », relève la Drees. Et « les territoires les mieux dotés en médecins généralistes sont aussi les plus attractifs, tant du point de vue de la croissance démographique que des équipements (sportifs, culturels, commerciaux et scolaires) », ajoute-t-elle, pointant « une problématique plus globale d'aménagement du territoire ».