Deux visages de l’homophobie

19 Mai 2022
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Télescopage. Deux affaires ayant pour toile de fond l’homophobie viennent récemment de se télescoper… au lendemain de la Journée mondiale contre les LGBTphobies. Le 18 mai paraît une dépêche de l’AFP. On y explique que la police sénégalaise enquête sur une vidéo circulant depuis mardi 17 mai sur les réseaux sociaux et montrant un homme brutalisé par une foule qui lui lance des insultes homophobes. Cette vidéo a commencé à circuler le 17 mai au soir en pleine controverse autour du joueur de football du Paris Saint-Germain et international sénégalais Idrissa Gana Gueye. Ce dernier aurait réfusé de participer, pour la seconde fois, à la lutte contre l’homophobie en arborant un maillot arc-en-ciel lors d’un match en France, comme son équipe l’avait décidé. Le joueur aurait demandé à ne pas figurer sur la feuille de match pour ne pas avoir à jouer avec un maillot en soutien aux LGBT. Critiqué en France, Idrissa Gana Gueye a reçu un flot de soutiens au Sénégal, dont celui du président Macky Sall, le 17 mai. Sur plusieurs vidéos diffusées sur Youtube et TikTok, une foule en colère de plusieurs dizaines d’hommes encercle dans une rue en plein jour un jeune homme pieds nus et vêtu simplement d’un caleçon. La foule hurle : « L’homosexualité ne sera pas acceptée au Sénégal », indique l’AFP. La victime est tenue fermement aux poignets, un filet de sang sur ses épaules, et des claques lui sont assénées sur le dos et la tête.  « Sale homosexuel, avec toutes ces femmes qui sont à ta portée, tu décides d’avoir un partenaire. Laissez-nous le tuer avant que la police n’arrive », entend-on en wolof (la principale langue du pays) sur l’une des vidéos. Aucune information n’a été donnée sur le sort de la victime qui aurait été « placée » dans un commissariat de Dakar. Une investigation numérique montre que les vidéos, d’ores et déjà visionnées plusieurs milliers de fois, sont récentes, sans pouvoir en établir la source. Un responsable policier s’exprimant aussi sous le couvert de l’anonymat compte tenu de la sensibilité de l’affaire a indiqué que des investigations étaient en cours. Dans ce pays musulman à 95 % et très pratiquant, l’homosexualité est largement considérée comme une « déviance ». La loi y réprime d’un emprisonnement d’un à cinq ans les actes dits « contre nature avec un individu de son sexe » et la classe politique affiche régulièrement son homophobie. Des gays font état d’une montée des agressions et des propos homophobes ces dernières années. Ils indiquent qu’un certain nombre ont quitté le pays pour échapper aux discriminations. Quant à Idrissa Gana Gueye, il refuse de parler aux médias et d’expliquer son refus réitérer de suivre le choix de son club de s’engager dans la lutte contre l’homophobie. Le choix du joueur a été vivement critiqué par une partie de la classe politique en France. Valérie Pécresse (LR) a demandé des sanctions contre lui. La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, sans se prononcer sur d’éventuelles sanctions pour le joueur, a renvoyé le PSG à ses responsabilités. Elle estime « regrettable » le choix de l’international sénégalais.