Diplomates LGBT sans visa pour leurs partenaires

15 Octobre 2018
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L'administration américaine ne délivrera plus de visas pour les partenaires de diplomates homosexuels s'ils ne sont pas mariés. La mesure passe mal et elle est jugée discriminatoire par de nombreuses associations LGBT. Pour le département d'État (l’équivalent du ministère des Affaires étrangères), elle ne vise qu'à « assurer un traitement équitable » entre toutes les personnes. Selon un responsable américain, cette décision ne fait qu'instaurer les mêmes conditions que celles que le département d'État applique à ses propres diplomates en poste à l'étranger depuis la légalisation aux États-Unis en 2015 du mariage entre personnes de même sexe, explique l’AFP. « Cela ne doit pas être perçu comme une attaque, ni comme une punition », a-t-il plaidé devant des journalistes avant de préciser que « c'est la reconnaissance du fait que le mariage homosexuel est légal aux États-Unis ». Petit rappel. En 2009, une mesure décidée sous l'administration Bush avait établi que pour obtenir un visa pour la personne qui partageait leur vie, les diplomates étrangers étaient obligés de fournir un certificat de mariage. En poste au département d'État, la même année, Hillary Clinton avait rendu possible l'obtention de visas aux partenaires de même sexe des diplomates qu'ils soient mariés ou non. Dans le cadre de cette politique, les « partenaires de vie » des diplomates homosexuels étaient considérés comme des membres de la famille même si légalement rien ne les liait. Aussitôt la mesure annoncée, de nombreux activistes LGBT ont exprimé leurs inquiétudes sur les potentiels risques d'une telle décision pour les diplomates et leurs partenaires, indique Le Figaro (3 octobre). L’ONG Human rights campaign a dénoncé une décision discriminatoire « non nécessaire, mesquine et inacceptable ». « Cela reflète l'hostilité de l'administration Trump-Pence [nom du vice-président, ndlr] à l'égard de la communauté LGBT », a-t-elle ajouté. Bronca aussi du côté des Nations Unies. Samantha Powers, représentante permanente des États-Unis aux Nations unies de 2013 à 2017 a rapidement dénoncé cette mesure dans un tweet comme « inutilement cruelle et fanatique ». Elle rappelle également dans son post que « seulement 12 % des États-membres de l'ONU autorisent le mariage entre personnes de même sexe ».  L'association Human Rights Watch note enfin que si se marier aux États-Unis est simple, cela ne règle pas le problème pour les personnes une fois de retour dans leur pays d'origine. « Dans de nombreuses situations, se marier peut mettre en danger un couple homosexuel d'une façon que l'apport de façon privée de preuve de vie de couple ne soulèverait pas », insiste ainsi Akshaya Kumar, directrice adjointe de l'organisation aux Nations unies, citée dans Le Figaro. On se souvient, cet été, qu’une polémique avait démarré sur le fait que ce sont les Etats-Unis qui vont accueillir en 2020 la conférence internationale sur le sida. De très nombreux activistes réclamaient que la dite conférence soit organisée ailleurs du fait de la politique conduite par l’administration Trump sur le VIH, les droits des personnes LGBT, etc. Voici, sans doute, une mesure de plus à charge.