Dis-moi comment tu dors…

25 Juillet 2017
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"Le sommeil, c’est la musique des tombes". Elle est jolie la citation d’Albert Cohen, mais pas sûr qu’elle convienne à toutes et tous… trop triste, voire même un peu sinistre. Pourquoi parler du sommeil ? Les plaintes concernant une mauvaise qualité du sommeil sont fréquentes chez les personnes vivant avec le VIH et/ou une hépatite. C’est du moins ce que disent certains experts qui ont testé des protocoles intégrant les principes d’hygiène. Les troubles du sommeil consistent soit en une insuffisance de sommeil (insomnie), soit en un excès de sommeil (hypersomnie), soit encore en des anomalies comportementales durant le sommeil (parasomnies). Ce sont les insomnies qui sont les plus fréquentes. Elle s’accompagnent souvent, en journée, de troubles de la vigilance, de l’humeur et de la mémoire, avec l’impression d’un sommeil non réparateur et d’une fatigue excessive. Pour améliorer le sommeil, les experts recommandent d’avoir des habitudes régulières de sommeil et de veille : se lever et se coucher à heures régulières, faire de l’exercice physique durant la journée, dormir juste assez pour se sentir reposé, garder sa chambre fraiche et sombre, utiliser le lit uniquement pour dormir. Si au bout de 20 minutes on a un échec de l’endormissement, se lever pour une période de 10 à 15 minutes et pratiquer des exercices de relaxation. Il faut aussi éviter le soir : les exercices physiques, se coucher l’estomac plein, consommer de la caféine, de l’alcool et de la nicotine, le bruit et des températures extrêmes dans la chambre, lire ou regarder la télévision au lit, etc. Bon, grosso modo avec ces quelques règles, on peut bien dormir, mais parfois ça ne suffit pas. Quelle est votre recette pour bien dormir ? Qu’avez-vous mis en place comme solutions face à vos problèmes de sommeil ? C’est autour de Morphée que l’on vous propose d’échanger pendant le chat thématique mardi 25 juillet, à partir de 21 heures, en compagnie de Diane-Seronet. Même si, comme le disait l’écrivain argentin Jose Luis Borges : "Le sommeil, on le sait, est le plus secret de nos actes".

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Portrait de Diane-seronet

Mardi 25 juillet, plusieurs séronautes étaient réunis pour discuter autour de la thématique du sommeil et de ses troubles éventuels. L’occasion de partager expériences et astuces pour les nuits d’insomnies…

 

Causes des insomnies

Très vite, il est apparu qu’aucun-e des participants-es ne dormait « trop » (hypersomnie, qu’on peut constater dans différentes situations, dont certaines dépressions) mais que la plupart connaissent ou ont connu des difficultés à passer des nuits complètes au sommeil réparateur : « Moi je me réveil régulièrement a 5h » regrette ainsi l’un des séronautes, « le pire c’est quand tu n arrives pas à t’endormir et que tu ne penses qu’à ça… » se remémore un autre avant qu’un autre ne renchérisse « Et que tu tourne sans cesse dans ce p**** de lit ! »

Un autre témoigne  de l’impact des différents traitements, mais aussi  d’autres substances et des événements de vie sur la qualité de son sommeil « pour ma part, je n’ai pas eu de problèmes de sommeil avec les arv [Anti rétro viraux], mais il faut dire que je fumais quelques pétards tous les soirs jusqu‘il y a un an et demi, et que ça aide à dormir profondément. Il n y a que pendant le traitement pour le vhc [virus de l’hépatite C], avec Interféron, que là, ça a été très hard les nuits. Puis j’ai repris mon sommeil comme avant, jusqu'en janvier 2016… bon, c’est vrai que vivre le décès de son fils est une raison normale d insomnie, donc somnifères pendant plus de 6 mois.. Et depuis un an que je m’en passe, ce sont des nuits avec plusieurs réveils nocturnes, mais que je n’associe pas à mon traitement »

Chez les autres participants-es, le virus ou la trithérapie sont souvent cités comme éléments perturbateurs : « mon traitement vih me donne des réveils nocturnes toutes les nuits à 4 heures du matin... la tri me donne une « surchauffe » » Explique ainsi l’un des participants,  tandis qu’un autre raconte « Moi même depuis j'ai découvert y a un an que j'étais infecté, j'ai eu des troubles de sommeil et maintenant avec les médicaments pas facile pour dormir et ça me fatigue en trois de prise de médicaments j'ai maigri parce que je ne dors plus. »

Mais il y a aussi les moustiques ou les ronflements du/de la conjoint-e qui peuvent nuire à la qualité de sommeil !

 

Astuces et solutions

Mais alors, comment résoudre ce souci qui peut devenir parfois un vrai poison pour l’humeur ou la concentration ? Pour un séronaute, la solution est évidente et elle est médicamenteuse « on a du mettre depuis le début un petit somnifère pour parer à la chose mais avant qu'on trouve le bon somnifère quelle galère, on a du en essayer plusieurs, car j'étais ou pas bien ou vaseux le matin, etc... », mais tout le monde n’est pas du même avis : « moi je ne prends rien car je conduits des engins » répond ainsi un autre participant, avant que le premier ne lui assure « moi si je ne prenais rien là je serai encore plus dangereux, après plusieurs mauvaises nuits , ou nuits blanches en totale confusion, ... à oublier des choses, le gaz allumé... vaut mieux que je prenne un petit truc léger, c’est pas un sommeil de grande qualité mais j'ai au moins un peu d'énergie, car autrement, je serai en état de loque … Ou alors il faudra me changer mon traitement VIH, c’est une solution à examiner à l’avenir». Ce qui convient très bien à l’un-e n’ira pas forcément à l’autre !

Et que font ils et elles aux petites heures de la nuit quand Morphée les boude ? « je me lève et je te bouscule » suggère un séronaute taquin avant de préciser « je me lève , je sors dehors fumer une clope.. pis je retourne me coucher » [malgré ce que l’on pense parfois, la cigarette n’a pas d’effet relaxant, c’est un excitant ! la sensation de relaxation que ressentent les fumeurs-euses vient  du soulagement du manque ou du fait de faire une pause ou aller prendre l’air, ce que l’on fait souvent quand on va fumer], « je me lève et je commence à tourner sur le net ou lire » témoigne un autre,  « avant ma petite béquille pour dormir j'ai connu aussi les moments où n'y tenant plus à 4 heures du matin, je bouquinais pour passer le temps et attendre que le sommeil revienne, mais moi ça me cassait encore plus, du coup lever à 10 h ou 11h (car rendormi à 6h), courbatures, journée décalée... dur dur » se souvient un séronaute. Mais finalement, s’il y a bien une idée qui aura récolté l’unanimité, c’est… la masturbation, excellent somnifère naturel qui a le mérite d’être bon pour la santé générale de surcroît  (et pour le moral, pourquoi pas !)

Tout le monde est d’accord : « c'est primordial d'avoir un bon sommeil avec ou sans aide pour dormir, cela conditionne tout : énergie, humeur… » Mais alors, comment éviter les insomnies ? « Avoir une vie saine, ça aide » admet un séronaute qui détaille « pas de café après 16h, pas de coca, pas épicé le soir, pas trop copieux, une tisane éventuellement, se détendre, on connait tous les trucs »…Tandis qu’un second alerte «  si tu manges trop le soir, ouais, pas facile de dormir… en revanche si tu bois trop, alors là ! » et reprend « une journée avec des efforts physiques, ça casse bien aussi mais bon, je ne vais pas aller soulever des parpaings pour le seul but de mieux dormir ». Autre astuce d’un-e séronaute : « quand j'avais mes réveils nocturnes ce qui m'aidait parfois à me rendormir, c'était de me chauffer un verre de lait, ou bien manger une petite douceur : madeleine, pims et bien croyez-moi un peu de sucré ça aide »<

Compter les moutons alors ? Pas sûr que ça marche pour tous-tes « c’est de la connerie, au bout d’un moment, ça me gonfle tous ces moutons ».

Portrait de luso

À défaut de bien dormir, ce soir là les participants ont pris le parti d'être dans la décontraction.
C'est agréable des chats comme ça !
Merci à toutes et à tous.