Discriminations sur l’accent : c’est voté

3 Décembre 2020
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L'Assemblée nationale a largement adopté (26 novembre) une proposition de loi réprimant les discriminations fondées sur l'accent, avec le soutien du gouvernement. Le texte adopté en première lecture par 98 voix contre 3 vise à inscrire l'accent comme une des causes de discriminations réprimées par la loi, au même titre que l’appartenance ethnique, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état de santé ou le handicap. La peine maximale prévue pour ces discriminations s'élève à trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. La proposition du député de l'Hérault Christophe Euzet (groupe Agir ensemble, allié de la majorité), a donné lieu à un débat animé et souvent émotionnel en séance, indique l’AFP. Des députés-es ont évoqué leurs expériences personnelles de cette « forme de racisme ». Côté gouvernement, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti s'est dit « archi-convaincu » par le texte. « À l'heure où les minorités visibles bénéficient de la préoccupation légitime des pouvoirs publics, les minorités audibles sont les grandes oubliées du contrat social fondé sur l'égalité », a plaidé le député Christophe Euzet. La proposition de loi entend promouvoir « la diversité de prononciation de la langue française », en « prohibant les discriminations par l'accent que l'on constate factuellement dans les fonctions impliquant, tout particulièrement, une expression publique », selon l’exposé des motifs de son texte.