Dreamm : VIH et système nerveux central

31 Mai 2022
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Réduire la mortalité due aux infections du système nerveux central liées au VIH, c’est tout l’objet de l’étude ANRSDreamm (ANRS | MIE, St George's University of London (SGUL), Institut Pasteur et EDCTP). Il s’agit de démontrer qu’un modèle de diagnostic et de soins adapté et efficace pour les personnes vivant avec le VIH et atteintes d’une infection du système nerveux central présumée (ou suspectée) permet d’avoir un impact sur la mortalité en Afrique sub-saharienne, explique un communiqué. Par ailleurs, le projet « permet également de renforcer les systèmes de santé en cartographiant et en optimisant les parcours cliniques et de laboratoire afin de réduire les délais de prise en charge ». Il a été mis en place dans trois pays d’Afrique subsaharienne : Cameroun, Malawi et Tanzanie et s’est déroulé de 2016 à 2021. Un tiers des stades avancés d'infection au VIH sont dus aux infections du système nerveux central (SNC), rappelle l’ANRS | MIE. La méningite cryptococcique est la première cause de méningo-encéphalite liée au VIH dans certains pays. Elle est la cause d'environ 15 à 20 % des décès liés au VIH (135 900 décès annuels sont recensés dans les pays à ressources limités). Les études démontrent que 70 % du taux de mortalité survient dans les  dix semaines qui suivent la détection de la maladie dans les établissements de santé disposant de peu de moyens, car le diagnostic de confirmation des infections du SNC est, entre autres, rarement posé dans les pays à faibles ressources. Près de 356 participants-es ont été inclus-ses. Les équipes scientifiques ont mis en place un algorithme de prise en charge des infections du SNC liées au VIH en ayant à disposition des tests de diagnostic rapide (TDR) au chevet du-de la patient-e ainsi que le traitement recommandé par l'OMS pour la méningite cryptococcique. Elles ont ensuite évalué l’impact produit par la mise place du nouvel algorithme de dépistage et de l’utilisation du traitement. « Ce projet nous a permis de revenir à de bonnes pratiques hospitalières, en améliorant la communication et l’implication des différentes parties prenantes afin d’être plus efficaces dans la prise en charge des patients. Dreamm a également montré de très bons résultats et c’est pour cela que nous avons besoin que ces traitements et capacités de diagnostic soient disponibles car en diagnostiquant tôt, on peut traiter tôt et on peut donc sauver des vies. Il y a un réel besoin de l’implémenter à large échelle », a commenté le Dr Charles Kouanfack, investigateur principal du projet Dreamm au Cameroun, cité dans le communiqué. Les résultats préliminaires de cette étude ont été présentés à l’IAS 2021 et à la Croi 2022, les résultats finaux seront également publiés dans un article très prochainement.
Pour en savoir plus, on peut consulter le Site de l'EDCTP 2 ou se rendre sur ClinicalTrials.