Drogues et décès : des chiffres sous-estimés

14 Août 2019
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Combien de personnes décèdent chaque année en France après une consommation de substances psychoactives (drogues illicites ou médicaments opioïdes) ? Quelles substances sont le plus souvent en cause  et quelles évolutions peut-on observer ? Les réponses à ces questions, on les trouvera dans un des derniers numéros de la revue Tendances de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. L’OFDT indique d’ailleurs qu’il est  indispensable de s’intéresser à cette question « dans un contexte où il semble que les risques ne pèsent plus uniquement sur les seuls usagers de drogues mais aussi sur des personnes qui consomment ces produits avec un objectif initial de lutte contre la douleur ». Rédigée par Anne-Claire Brisacier, Christophe Palle et Michel Mallaret responsable du Centre régional de pharmacovigilance et du Centre d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance-addictovigilance de Grenoble, l’analyse se penche sur les décès directement liés aux drogues (DDLD). Il s'agit des décès par intoxication survenant peu de temps après une consommation de substance(s) psychoactive(s). On parle de décès par surdose lorsque la quantité prise est supérieure à la dose limite tolérée par l’organisme. Par ailleurs, des consommations de produits tels que la cocaïne et le cannabis peuvent entraîner des complications cardiovasculaires peu après un usage et conduire au décès, rappelle le document. Interrogée par le Quotidien du médecin (19 juillet dernier), la docteure Anne-Claire Brisacier rappelle qu’en 2017, il y aurait eu au moins 537 décès directement liés aux drogues en France, soit un chiffre en hausse de 30 % depuis 2003. Dans cette interview, Anne-Claire Brisacier explique ainsi cette hausse : « Cette hausse est liée à trois profils. Nous observons la progression des décès de personnes présentant un profil d'usagers de drogues : des hommes le plus souvent, majoritairement âgés de moins de 50 ans. Cette hausse semble fortement liée à l'augmentation de la disponibilité et de la pureté de l'héroïne. Le deuxième profil est celui des personnes âgées traitées pour la douleur dans le cadre de soins palliatifs. Le troisième profil est celui de personnes plus jeunes, traitées pour des douleurs aiguës ou chroniques en dehors d'un contexte de fin de vie ou de douleurs cancéreuses. L'ampleur de la hausse de ces décès reste à confirmer, mais il y a là un point de vigilance ». Et la médecin d’expliquer : « Les décès liés aux drogues sont très sous-estimés en France ».