Drogues : la rétention et la réadaptation contrainte en procès

19 Décembre 2014
856 lectures
Notez l'article : 
5
 

Les centres de détention et de réadaptation obligatoires pour les personnes consommatrices de drogues continuent d'exister dans toute l'Asie, ce qui reste une préoccupation majeure, note un article publié par l’ONUSIDA sur son site (28 novembre). "Des personnes suspectées de consommer des drogues ou d'être dépendantes aux drogues, des personnes engagées dans le commerce du sexe et des enfants victimes d'abus sexuels sont souvent détenus dans ces centres sans procès équitable au nom du "traitement" ou de la "réadaptation"", explique l’ONUSIDA. L’organisme onusien estime que les "centres de détention et de réadaptation obligatoires posent de graves problèmes en termes de droits humains" et qu’ils "menacent la santé des détenus, notamment en raison d'une vulnérabilité accrue au VIH et à la tuberculose". Dans bien des centres, note l’organisme, des "violences physiques et sexuelles, le travail forcé, des conditions de vie non conformes, le refus de soins et d'autres formes de violations des droits humains ont été rapportés". Selon des chiffres officiels de 2012, plus de 235 000 personnes seraient détenues dans plus de 1 000 centres de détention et de réadaptation obligatoires en Asie de l'Est et du Sud-Est. Par ailleurs, selon les "estimations, la prévalence du VIH chez les consommateurs de drogues injectables serait 28 fois plus élevée qu'au sein de la population générale." Pour l’ONUSIDA, il est évident que la "stigmatisation, la discrimination et les lois punitives contribuent grandement à cette forte prévalence du VIH chez les personnes qui consomment des drogues et empêchent l'accès aux services anti-VIH et à un traitement contre la dépendance aux drogues basé sur des faits probants". Une action coordonnée et concertée des Nations Unies a eu lieu au niveau national, régional et mondial pour engager les gouvernements sur cette question de l’inadéquation des centres de détention et de réadaptation obligatoires dans le domaine de la prévention, de la défense des droits et de l’accès aux soins. Récemment lors d'une visite en Asie, le directeur exécutif de l'ONUSIDA Michel Sidibé a appelé à accélérer les réformes vers des programmes de traitement de la dépendance aux drogues basés sur le volontariat à l'échelle communautaire. "Aujourd'hui est venu le temps du pragmatisme et des faits probants. Les pays doivent étendre les politiques et programmes basés sur les droits qui fonctionnent dans la lutte contre la dépendance aux drogues et la vulnérabilité au VIH", a-t-il déclaré.