Drogues : La Russie compte ses morts

14 Juin 2011
529 lectures
Notez l'article : 
0
 
Boris_Gryzlov.jpg

Cent mille morts par an ! Le chiffre est effrayant, mais il est "officiel". Les autorités russes affirment que la drogue fait 100 000 morts par an et la toxicomanie concernerait près de six millions de personnes. On pourrait imaginer que ces chiffres montrent bien l’inanité d’une politique d’Etat qui mise tout sur la répression et qu’elle provoque un électrochoc dans la tête des dirigeants. Eh bien, il semble que non. En effet, malgré les mises en garde répétées d'experts internationaux et russes, les autorités cherchent avant tout à renforcer la répression y compris contre les consommateurs. D’où vient ce chiffre de 100 000 personnes ? C’est le président de la Douma (l’équivalent de l’Assemblée nationale en Russie), Boris Gryzlov, qui l’a donné. Ce chiffre est bien supérieur aux statistiques officielles qui parlent de 30 000 morts et 650 000 personnes consommatrices de drogues. Proche du Premier ministre Poutine, Boris Gryzlov a mis en avant ces chiffres pour défendre une politique uniquement répressive. Il a, pour cela, écrit un article sobrement titré "La guerre aux drogues est déclarée". Cité par l’AFP, ce texte ne s’embarrasse pas de subtilités. "Chaque toxicomane entraîne vingt autres personnes dans la toxicomanie, ce fait à lui seul justifie une mise à l'écart" de la société, écrit-il. "La prison ou la désintoxication forcée, voilà le choix que l'Etat doit donner aux toxicomanes", ajoute Boris Gryzlov. On pourra faire remarquer que cette politique s’applique déjà avec les résultats qu’on connaît."Pourquoi attendre qu'un drogué commette un crime [pour l’enfermer] ? Ne serait-il pas mieux de l'isoler tant qu'il n'a pas fait de mal ? Il me semble que c'est plus humain pour lui comme pour ses proches", avance t-il. Pour faire bonne mesure, cet ancien ministre de l’Intérieur préconise d’instaurer un "dépistage obligatoire à l'école, à l'université et à l'embauche", une idée évoquée en avril par le président russe Dmitri Medvedev. Côté soins, Boris Gryzlov évoque surtout la "désintoxication forcée" et ne dit pas un mot du maintien de  l’interdiction des produits de substitutions à l'héroïne comme la méthadone ou du refus d’avoir des programmes d’échanges de seringues dans les prisons.