Drogues : l’Europe au rapport

8 Janvier 2013
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Publié le 15 novembre dernier, le Rapport 2012 de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) a permis de faire le point sur l’évolution du phénomène de la drogue dans l’Union européenne ainsi qu’en Norvège, Croatie et Turquie, explique une récente communication de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et la toxicomanie (MILDT). Avec 23 millions d’usagers dans l’année, le cannabis demeure de très loin le produit le plus consommé en Europe. L’OEDT s’inquiète des consommations quotidiennes (1 % de la population adulte) et relève, par ailleurs, que l’Europe est devenue un producteur de cannabis sur son sol avec une augmentation de la culture d’herbe dans la plupart des pays. La cocaïne est le "premier stimulant" dans l’Union Européenne (4 millions de consommateurs dans l’année) mais pourrait être en perte de vitesse, tant en termes de diffusion que d’image. Elle paraît de plus en plus concurrencée par les nouveaux produits de synthèse, majoritairement des stimulants, note l’OEDT, cité par la MILDT. Une nouvelle drogue de synthèse est découverte en Europe chaque semaine. A ce jour, plus de 50 substances ont déjà été détectées en 2012, contre 49 en 2011 et 41 en 2010, note l’OEDT.  Le nombre de boutiques en ligne commercialisant ces produits augmente également : près de 700 ont été répertoriées par l’OEDT en 2012.

Du côté des autres stimulants, le rapport insiste surtout sur le "retour" de la MDMA, principe actif de l’ecstasy après une période de pénurie. Pour la méthamphétamine dont l’usage est toujours bas (excepté en République tchèque et en Slovaquie) il est tout de même fait mention du développement de nouvelles zones de consommation en Europe du Nord. Enfin sur les opiacés, l’OEDT dénombre toujours 1,4 million d’usagers réguliers, la moitié recevant un traitement de substitution (méthadone ou buprénophine haut dosage). Ces opiacés demeurent - particulièrement l’héroïne - à l’origine de la majorité des morbidités et de la mortalité liées à l’usage de drogues. On estime le nombre de décès par overdose à 7 000 en 2010. Les cas d’infection par le VIH sont devenus faibles, mais de graves foyers d’infection ont été signalés en Grèce et en Roumanie en 2011, conclut le rapport de l’Observatoire.

Commentaires

Portrait de frabro

Ces chiffres illustrent parfaitement que la prohibition des drogues est un combat perdu d'avance, face à des habitudes de consommation solidement installées et au fantastique moyen de diffusion et de vente que constitue internet.

Il illustre aussi la nécessité de mettre les moyens nécessaires tant à la réduction des risques liés à l'usage de drogue qu'à la prise en charge globale des usagers, en particulier ceux qui sont dépendants des opiacés où utilisent massivement les stimulants, qu'il s'agisse de cocaïne où de produits de synthèse.

Portrait de sonia

Si on enlève les pays où la consommation est permise comme l'Espagne, le Portugal ou les PAYS BAS, quel est le nombre exact de consommateurs en Europe? L'article parle de 23 millions d'usagers de cannabis, il ne précise pas les usages festifs ou pérennes. Pour clarifier mon questionnement, si la drogue était légalisée partout, je parle du cannabis, le nombre d'utilisateurs serait il croissant ou décroissant?

Pas facile de quantifier si on ajoute les dopages des sportifs à la creatine,  les boosters de performance et autres que cocaine et heroïne. En termes de prévention celà donne quoi? La police du net repertorie 700 boutiques en ligne de drogues de synthèse, quelles sont les procédures, interpellations, fermetures, avertissements?