Droit au séjour pour soins : débat en Avignon

1 Octobre 2012
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Près d'un an et demi après sa création, l'Observatoire étrangers malades mis en place par AIDES rend son premier rapport. Il est accablant. Sur le terrain, la réforme du droit au séjour pour soins adoptée le 16 juin 2011 porte ses premiers fruits pourris. Traques, persécutions policières, humiliations administratives, dénis de droit et préfectures aux conditions d'accueil indignes ponctuent désormais le quotidien des étrangers gravement malades vivant sur notre territoire. La conséquence : de plus en plus de personnes broyées par la machine administrative et policière peinent à se soigner et risquent à tout moment l’expulsion vers la mort. Cette situation se retrouve dans l’ensemble de la France. Sur le département du Vaucluse, les constats sont donc similaires. AIDES Avignon soutient et accompagne au quotidien des personnes d’origine étrangère vivant avec le VIH et/ou une hépatite virale dans leur démarche de régularisation. Pour elles aussi, le "parcours" est semé d’embûches. Délais de réponse à compter du dépôt de la demande excessivement longs ; demandes de pièces justificatives fantaisistes par les autorités préfectorales ; délivrances d’autorisations provisoires de séjour en lieu et place de cartes de séjour temporaires ; refus de séjour assortis d’ordonnances de quitter le territoire français", rappelle l’association. Autant de dysfonctionnements et de lenteurs administratives qui retardent l’accès à une stabilité de séjour et de fait, à un suivi médical de qualité. "Cette situation de non respect du cadre réglementaire est d’autant plus préoccupante qu’elle a tendance à ralentir, voire compromettre l’accès à un suivi médical pour les personnes que nous soutenons, explique Sébastien Mouveroux, président de AIDES Avignon. Ce type de renoncement aux soins est un facteur favorisant la transmission du VIH et des Hépatites Virales sur notre territoire. Plus qu’une somme de problématiques individuelles, nous nous trouvons face à un véritable enjeu de santé publique". Forts de ce constat, les militants de AIDES Avignon ont décidé d’organiser un débat citoyen sur le droit au séjour pour soins, afin de confronter les avis et constats des professionnels de santé, des partenaires associatifs investis dans le soutien aux personnes migrantes et des représentants des pouvoirs publics.
Ce débat citoyen aura lieu jeudi 4 octobre 2012 à 19h30 à l’Hôtel de ville d’Avignon, salle de l’antichambre - Place de l’Horloge - 84000 Avignon. Entrée libre.

 

Commentaires

Portrait de servanne

j'aimerais comprendre ce que vous entendez par" le renoncement aux soins est un facteur favorisant la transmission du VIH sur notre territoire". Seriez-vous en train de dire que ceux qui n'ont pas accès aux soins vont aller gentiment contaminer le plus de gens possibles ? !...
Portrait de natouche

les personnes qui n'ont pas accés aux traitements sont très contaminantes et donc augmente les risques de contamination, que ce soit par ignorance de leur état, accident de capote, contact entre blessés, transmission au bebe, fellation... je pense que c'est cela que veut souligner AIDES dans cette campagne