"Droit à l'oubli" : avancées et critiques

12 Février 2016
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La ministre de la Santé Marisol Touraine a récemment présenté (5 février) à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le cancer, la liste des maladies visées par le droit à l'oubli. Ce droit à l’oubli permet aux personnes guéries d'emprunter sans surprime, sans taux plus élevés, et donc d’avoir un accès standard à l’emprunt. Cinq types de cancers sont concernés : sein, testicule, peau (mélanome), utérus et thyroïde ainsi que l'hépatite C. Pour chaque maladie, une grille de référence a été réalisée par un groupe de travail au sein de la convention Aeras. "Cette grille sera actualisée tous les ans, sur la base des propositions de l'Institut national du cancer (INCa), pour que les conditions d'assurance tiennent compte des progrès thérapeutiques", a précisé la ministre, concernant les cancers. Une grille a été réalisée, en 2015, pour le VHC. Le groupe de travail planche actuellement sur le VIH pour établir une grille actualisée de référence. Le résultat est attendu pour 2016.  Malgré cela, l’association Actions Traitements s’est indignée (communiqué de presse du 8 février) "que ne soient pas concernées par ce droit les personnes vivant avec le VIH". "C'est une situation totalement absurde", dénonce Arnaud Carrère président d'Actions Traitements, cité dans le communiqué. La situation des personnes séropositives a tellement évolué depuis 20 ans. Certes on ne guérit pas du VIH, mais on vit parfaitement bien avec : aujourd’hui en France, la majorité des personnes vivant avec le VIH bénéficient de traitements et d'un suivi efficaces qui leur assurent une espérance et des conditions de vie tout à fait normales. Après le recul de l'Assemblée nationale sur les soins funéraires, cette autre discrimination fragilise, de fait, la situation des personnes vivant avec le VIH. Il est manifestement temps que le ministère modernise son logiciel", précise Arnaud Carrère. A priori, selon le calendrier des responsables de la convention Aeras, ce que dénonce, fort justement le président d’Actions traitements, devrait trouver une solution en 2016.