Échange de seringues en prison

8 Mai 2020
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Un tribunal ontarien a déclaré (1er mai) que le programme fédéral d’échange de seringues en prison est bien constitutionnel, même si le refus des autorités carcérales d’octroyer des seringues stériles aux détenus-es peut brimer leur droit à la sécurité, inscrit dans la Charte canadienne, indique Radio Canada. D’anciens prisonniers et des groupes de défense de personnes vivant avec le VIH ou l’hépatite étaient à l’origine de ce recours constitutionnel. Le recours avait été déposé en 2012 par Steven Simons, qui a été incarcéré de 1998 à 2010 en Ontario. Les avocats de Service correctionnel Canada affirmaient lors des audiences (début mars 2020), que la présence d'aiguilles en prison menaçait la sécurité des prisonniers et du personnel carcéral. Des défenseurs de détenus usagers de drogues argumentaient, au contraire, que le programme était inconstitutionnel, parce que le refus d'accorder un accès à des aiguilles stériles les expose à des risques d'infection graves, voire à des surdoses. Ils soulignaient en outre que ce programme n'était pas confidentiel, ce qui dissuade les prisonniers d'y participer en les forçant à partager des aiguilles souillées à la place. La directrice de la recherche au Réseau juridique canadien VIH/sida, Sandra Ka Hon Chu, parle d'un pas en arrière pour les droits des prisonniers. Refuser de donner des seringues propres à des détenus de façon anonyme les met en danger de mort, dit-elle. Mme Ka Hon Chu affirme néanmoins que la lutte n'est pas perdue pour autant et elle dit voir des arguments qui leur sont favorables dans la décision du magistrat, indique Radio Canada. Dans son jugement, le juge Edward Belobaba, de la Cour supérieure de l'Ontario, écrit que le programme ne viole pas les droits des prisonniers. Il est néanmoins prématuré de conclure qu'il est inconstitutionnel, parce qu'il est encore dans son stade initial dans seulement un pénitencier sur quatre au pays. Steve Simons, qui a été infecté par le virus de l'hépatite C durant sa détention, s'est dit très déçu de cette décision. Dans un communiqué, il dit regretter que le Service correctionnel du Canada n'ait pas mis en place un programme de réduction des effets nocifs sur la santé relativement à la consommation de drogues en prison.