Efficacité du sevrage tabagique

3 Juin 2009
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Comme chaque année, la journée mondiale sans tabac a été célébrée le 31 mai, dans le but de susciter une prise de conscience globale sur les dangers du tabac pour la santé des fumeurs et de leur entourage, puisque 5 millions de personnes dans le monde continuent à décéder à cause des problèmes de santé liés au tabagisme chaque année. Nous en avons déjà parlé sur le site lorsque plusieurs associations et sociétés savantes se sont mobilisées en adressant une lettre ouverte à la ministre de la santé, pour demander la prise en charge des traitements qui aident à l’arrêt du tabac chez les personnes atteintes d’une affection chronique de longue durée (ou ALD, dont le VIH et les hépatites virales font partie).

De son côté, l’agence nationale de recherche sur le Sida et les hépatites (ANRS) a décidé de lancer dès septembre prochain un essai (Inter-ACTIV) qui cherchera à évaluer l’efficacité d’un sevrage tabagique par l’un des produits les plus efficaces en population générale (Champix), en le comparant à un placébo (produit inactif).

 

Commentaires

Portrait de Randall

Comparer Champix à un produit inactif n'a pas grande utilité : les traitements de référence sont les palliatifs nicotiniques et c'est par rapport à ces traitements qu'il serait intéressant d'évaluer un éventuel écart.

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Sans préjuger du résultat, il serait mince et de toute façon, la revue de référence (et indépendante) Prescrire préconise les aides nicotiniques quand un traitement est envisagé. Cette étude n'a pour but que de faire la promotion du Champix...

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Les résultats de test clinique en France sont connus : grosse maille une chance sur 4 de réussir un arrêt durable (un an). Ce qui n'est pas mieux qu'avec les dérivés nicotiniques. Qu'il nous soit aussi permis de rappeler que ce qui aide avec le traitement médicamenteux, ce n'est pas la molécule mais la prestation de service (soutien, formation, etc.) qui y est associé (recommandation Haute Autorité de Santé) : il est probable que c'est la différence dans cette prestation qui fait finalement une différence. Les essais cliniques se font avec un accompagnement LOURD (plus de 4 heures de consultations), qui n'est pas disponible en dehors des centres spécialisés : il ne serait pas légitime de généraliser à la médecine de ville !

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Enfin, pour ceux qui comprennent un peu le tabagisme, il est clair que l'arrêt n'est pas le vrai problème : ce qui est problématique, c'est de ne pas reprendre. Aucun médicament ne peut y aider et ne pourra jamais y aider. Au contraire utiliser des médicaments comme des béquilles permet d'esquiver le nécessaire apprentissage à faire face à une envie de fumer. Il s'ensuit les arrêts francs (sans aide pharmaceutique pour faire face au manque) sont plus efficaces à moyen terme. De toute façon, avoir envie de fumer n'a jamais créé de douleur nulle part, à personne : alors pourquoi ces produits de confort ?

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