Enfermée, sans traitement ARV

9 Décembre 2020
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Elle s’appelle Honorine (prénom d’emprunt). Elle a fui son pays. Elle a 42 ans. Dans un communiqué (8 décembre), l’association Anafé et l’Observatoire du droit à la santé des étrangers-ères (ODSE) rappellent qu’Honorine est enfermée dans la zone d’attente (ZA) de l’aéroport Roissy-CDG depuis le 28 novembre 2020. Dès le lendemain de son arrivée en provenance d’Égypte, Honorine fait part de son état de santé au médecin présent dans la zone d’attente : elle vit avec le VIH. À ce jour, rien n’a été mis en œuvre pour qu’elle puisse avoir accès à un traitement antirétroviral, malgré ses demandes réitérées, affirment les deux ONG. L’Anafé a saisi vendredi 4 décembre 2020 le ministère de l’Intérieur et la direction de la police aux frontières (DCPAF) d’une demande d’admission sur le territoire à titre humanitaire du fait de son état de santé. La DCPAF et le ministère de l’Intérieur ont refusé de faire droit à cette demande le 7 décembre 2020 au motif que le médecin de la zone d’attente « n'émettait aucune contre-indication quant à son maintien en ZA n'effectuait aucun commentaire ». Sans traitement depuis plus de dix jours, ce qui est strictement déconseillé lorsqu’on vit avec le VIH au risque de développer des résistances, l’état de santé d’Honorine se dégrade (grosse fatigue, maux de tête, etc.), explique le communiqué des deux ONG. Dans un contexte de pandémie de Covid-10, Honorine est non seulement une personne extrêmement vulnérable du fait de son infection au VIH, mais encore plus à l’heure d’être privée de traitement. Et les ONG d’expliquer : « Le gouvernement français catégorise lui-même les personnes présentant des infections au VIH non contrôlées comme étant parmi les personnes les plus vulnérables, c’est-à-dire, présentant un risque de développer une forme grave d'infection au virus de la Covid-19 ». Honorine se trouve actuellement confinée avec une quarantaine de personnes dans la zone d’attente de Roissy – où des cas de personnes positives à la Covid-19 ont déjà été recensés, sans réelles mesures sanitaires protectrices (impossibilité d’aérer les espaces, masques insuffisants, gel hydroalcoolique et savon disponibles seulement sur demande). La politique migratoire française met une fois encore une vie en danger. Cette politique prône l’enfermement et le refoulement, au détriment du respect de la dignité et des droits des personnes, y compris gravement malades, et ce, même en temps de pandémie, dénoncent le communiqué des deux ONG, qui demandent « la libération immédiate d’Honorine et sa prise en charge médicale d’urgence ». Et de conclure : « La politique migratoire mortifère de la France doit cesser ».