Étude : non-divulgation du statut VIH

26 Juillet 2022
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Dire ou ne pas dire qu’on est séropositif-ve à son entourage ? C’est la question que chaque personne vivant avec le VIH (PVVIH) se pose à un moment donné et qui n’est pas sans conséquences. Une étude britannique s’est intéressée à la question de la non-divulgation du statut VIH (le fait de ne pas en parler) et son impact sur l’observance du traitement antirétroviral, rapporte le site Info-VIH. Le fait d’annoncer son statut VIH à la famille, aux amis-es et ou un partenaire stable peut être lié à l’amélioration des résultats de santé pour les personnes vivant avec le VIH. Mais qu’en est-il du maintien du secret ? Quels sont les risques encourus ou les bénéfices attendu de la divulgation de sa séropositivité ? L’étude Astra (Antiretrovirals Sexual Transmission Risks and Attitudes), a évalué si la non-divulgation est associée à des symptômes psychologiques, à la non-observance du traitement antirétroviral et à la non-suppression de la charge virale. Au total, 3 258 PVVIH au Royaume-Uni ont rempli le questionnaire confidentiel de l’étude ASTRA (2011-2012). Les participants-es ont indiqué s’ils-elles avaient dit à une autre personne qu’ils-elles étaient séropositifs-ves au VIH et à qui : amis-es, famille, collègues de travail, partenaire stable. Parmi les participants-es, la prévalence de la non-divulgation à quiconque était de 16,6 %  chez les hommes hétérosexuels, de 15,7 % chez les femmes et de 5,0 % chez les HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes). Les HSH étaient plus susceptibles de divulguer à certains-es ou à tous-tes les amis-es qu’à la famille (85,8 % contre 59,9 %), tandis que les hétérosexuels-les étaient moins susceptibles de divulguer à leurs amis-es qu’à leur famille (44,1 % contre 61,1 % pour les hommes, 57,5 % contre 67,1 % pour les femmes). Par ailleurs, parmi les 1 631 participants-es ayant un partenaire stable, la non-divulgation à un partenaire stable était de 4,9 % pour les HSH, de 10,9 % pour les hommes hétérosexuels et de 13,0 % pour les femmes. Il n’y avait aucune preuve que la non-divulgation dans l’ensemble (par rapport à la divulgation à quiconque) était associée à un faible soutien social, à des symptômes de dépression ou d’anxiété, à une non-observance du traitement ou à une non-suppression de la charge virale chez les HSH ou les personnes hétérosexuelles. Cependant, comparativement aux HSH qui ont divulgué à « aucun » ou à « certains-es » amis-es et membres de la famille, les HSH qui ont divulgué à « la plupart ou à tous » de leur entourage étaient plus susceptibles d’avoir des symptômes de dépression, d’anxiété et de signaler une non-observance du traitement ARV. L’étude ne dit pas si les troubles psychiques étaient préexistants à la divulgation ou si ce sont d’éventuelles réactions sérophobes qui expliquent la présence des symptômes. Ces résultats sont encourageants et peuvent être utiles pour éclairer les discussions entre les patients-es et les professionnels-les de santé sur le soutien dont pourrait bénéficier celles et ceux qui choisissent de ne pas divulguer leur statut.