Étudier la propagation du virus

1 Mai 2020
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L’Islande a été l’un des premiers pays à combiner différentes méthodes de dépistage dans le but d’avoir un premier aperçu de la diffusion du Sars-CoV-2 sur son territoire, rappelle une info publiée par l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Une étude en collaboration avec l’université d’Islande et l’entreprise biopharmaceutique de Code Genetics-Amgen a permis de réaliser trois types de tests à grande échelle. D’une part, les chercheurs-euses ont effectué le dépistage ciblé de 9 199 personnes à haut risque de contracter le virus à cause de leurs symptômes ou d’un voyage récent dans un pays touché par l’épidémie : 13,3 % d'entre eux-elles se sont révélés positifs-ves. D’autre part, ils ont testé 10 797 personnes sur invitation (c’est-à-dire sur demande de volontaires), puis un échantillon randomisé de 2 283 personnes. Dans les deux cas, le taux de contamination était de 0,8 %. Ce taux, plus représentatif du risque de contamination en population générale, n’a guère évolué au cours du temps ; on peut l’associer aux interventions précoces des autorités islandaises ainsi qu’à l’efficacité des mesures de distanciation sociale et d’isolement mises en oeuvre. Le dépistage en population générale a également permis de montrer que chez les enfants de moins de 10 ans, l’incidence d’une infection par le Sars-COV-2 était plus faible que chez les adolescents-es et les adultes. Elle était également plus faible chez les femmes que chez les hommes. Ces résultats dessinent une diffusion lente mais constante du virus en Islande malgré le faible nombre de cas confirmés, encourageant les autorités à redoubler d’attention.

Source : Daniel F. Gudbjartsson, et al. The New England Journal of Medicine, 17 avril 2020