Face au VIH : l’urgence de dépénaliser l’homosexualité au Maroc

16 Juin 2015
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Il faut parfois en arriver à des extrémités surprenantes pour signifier l’évidence : l’homophobie fait le lit du sida, surtout dans un pays où l’Etat même instaure cette discrimination. Sous l’égide de l’Onusida et d’une association de lutte contre le sida, le ministère de la Santé du Maroc a mené une enquête auprès de gays vivant à Agadir, montrant une très forte prévalence du VIH et des IST. Et les auteurs de recommander justement la fin de la pénalisation de l’homosexualité au Maroc, et de manière urgente, afin de pouvoir atteindre les personnes et leur donner accès à la prévention et aux soins sans risque. Les données issues de cette enquête sont effrayantes. La prévalence du VIH chez ces gays marocains est de 5,6 % à Agadir et 2,8 % à Marrakech. Celle de la syphilis est de 7 % à Agadir et 10,8 % à Marrakech. Pire, Parmi les personnes infectées par le VIH, 31,6 % à Agadir et 56,4 % à Marrakech sont co-infectées par la syphilis. Pour les enquêteurs, l’homophobie présente pousse de nombreuses personnes interrogées à se déclarer bisexuelles et à être en couple avec une femme. De même, la prostitution est un moyen de justifier l’engagement dans des relations sexuelles avec des hommes. Dès lors, la mise en place de programmes d’accès aux traitements des IST et de mise à disposition d’outils de prévention parait prioritaire. Mais, comme le rappelle les enquêteurs, ces actions ne peuvent se mettre en place tant que l’homosexualité restera pénalisée, frein majeur à toute politique efficace de lutte contre le sida auprès des populations les plus exposées.