"Faire reculer la prostitution" : l’Europe s’y met

8 Octobre 2013
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Décidément, la lutte contre le travail du sexe ne cesse d’agiter la sphère politique. Dix-neuf pays européens ont lancé (30 septembre) à Bruxelles un appel pour "faire reculer la prostitution" en renforçant la lutte contre la traite des être humains et en "sensibilisant" les clients. 65 ans après la signature à New York de la Convention pour la répression de la traite des êtres humains et l'exploitation de la prostitution, les ministres chargés de l'égalité des sexes des pays signataires membres de l'Union Européenne (UE) se sont réunis à Bruxelles pour relancer leur coopération. Car cette Convention "a un peu été oubliée", a reconnu la ministre belge de l'Intérieur et de l'Egalité des droits, Joëlle Milquet. Les Etats membres de l'UE signataires de la Convention, 19 au total, ont, au fil des ans, adopté des "stratégies fondamentalement différentes" : légalisation et encadrement de la prostitution, comme en Allemagne ou aux Pays-Bas, "tolérance" de fait, comme en Belgique, ou interdiction, comme en Suède, rappelle l’AFP. L'optique choisie par les participants à la réunion, déjà inscrite dans la convention de New York, est celle de "l'abolition", qui ne cible pas les travailleuses du sexe, considérées dans leur très grande majorité comme des victimes, mais propose de réprimer plus sévèrement les proxénètes et autres trafiquants. "Il faut notamment limiter les entrées des femmes dans les circuits de la prostitution et favoriser la sortie de celles qui y sont, en mettant notamment à leur disposition des logements temporaires ou encore des papiers", a expliqué la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem. "Une grande campagne d'information devrait insister sur la responsabilisation des clients", a souligné la ministre.