Feu vert pour StopCovid

30 Mai 2020
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Le Parlement français a donné mercredi 27 mai lors d'un vote consultatif son feu vert au déploiement de l'application StopCovid, qui devrait être téléchargeable dès ce week-end et qui permettra de prévenir les personnes ayant été en contact avec une personne contaminée par le coronavirus. Les sénateurs-rices ont approuvé en fin de soirée la déclaration du gouvernement relative à l'application, à 186 voix pour (127 contre). Plus tôt dans la journée, les députés-es avaient fait de même, avec 338 voix pour et 215 contre, explique Reuters. À l'Assemblée, cinq « marcheurs » ont voté contre l'application, dont le député Sacha Houlié, en critiquant la « dangerosité » et « l'irréversibilité » de ce type d'outils. Treize se sont abstenus-es, comme Aurore Bergé. Hormis l'UDI, les groupes d'opposition de droite comme de gauche ont voté contre à la quasi-unanimité, tout comme le RN. Dans l'hémicycle, les membres du gouvernement ont insisté sur l'importance de cette application à l'approche d'une nouvelle phase de déconfinement dont les grandes lignes devaient être présentées jeudi 28 mai par le Premier ministre Édouard Philippe. « Il est possible que certaines décisions » à venir « permettent aux Français de retrouver encore davantage de libertés individuelles et collectives et donc de multiplier les contacts sociaux » donc  « nous avons besoin de multiplier les outils », a défendu le ministre de la Santé Olivier Véran.  La ministre de la Justice Nicole Belloubet a, de son côté, insisté sur le caractère « volontaire », « anonyme » et « temporaire » de cette application, assurant qu'elle n'était pas un « prétexte pour que l'État se transforme en État policier contrôlant les faits et gestes de nos concitoyens ». L'application pour smartphone fonctionnera par bluetooth et n'utilisera pas la géolocalisation. Elle alertera ses utilisateurs-rices si ces derniers se sont trouvés-es à moins d'un mètre et pendant au moins quinze minutes d'une personne contaminée par le coronavirus. Ses détracteurs, parmi lesquels figurent, entre autres, la Ligue des droits de l'homme, pointent une atteinte à la vie privée et aux libertés individuelles et mettent en doute son efficacité, invoquant le nombre de personnes non équipées en smartphone ou peu désireuses de la télécharger. Ses défenseurs font valoir que StopCovid a reçu le feu vert de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) qui a estimé que ses recommandations avaient été suivies et que l'application permettait « des alertes plus rapides ». StopCovid « sera utile dans la lutte contre le virus. Notre seul objectif est de sauver des vies », a expliqué Cédric O, le secrétaire d’État au numérique, après le vote du Sénat.