FièrEs conteste la marche des fiertés 2018

29 Juin 2018
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Dans un communiqué (28 juin), l’association FièrEs indique, que cette année, elle ne "défilera pas derrière la banderole officielle de la Marche des Fiertés de Paris". Cette année, FièrEs dit appeler "à la constitution d’un cortège de tête, radical, antiraciste, anticapitaliste et féministe, contre le pinkwashing et la récupération [des] luttes [LGBT]". "Non, FièrEs ne sera pas une caution féministe et radicale apportée à une marche par ailleurs réactionnaire. Non, nous ne défilerons pas derrière ce mot d’ordre indécent ["Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies", ndlr]. Non, nous ne légitimerons pas l’appui de la Marche des Fiertés aux politiques gouvernementales : nous ne serons pas l’instrument de ce pinkwashing généralisé". Concernant le mot d’ordre de la marche 2018, FièrEs explique qu’elle ne remet pas "en question la portée émancipatrice du sport, ni le travail des associations sportives dans la lutte contre les discriminations. Nous sommes par contre accablé-e-s par ce choix de prioriser les Gay games et de s’en tenir à la sacro-sainte "lutte contre les discris" au vu du contexte politique actuel. Le choix de ce message (…) est affligeant et décourageant quant à l’avenir d’une inter-associative qui se prétend représentative de nos communautés LGBTQI". "Au regard de l’année qui vient de s’écouler, qui ne manque pas de sujets d’indignation et de revendications, d’autres choix s’offraient pourtant explique l’association, qui cite la PMA. "Nous avons eu à subir cette année le choix du gouvernement de ne pas ouvrir la PMA à tous et toutes, de laisser place à un débat "éthique" sur la PMA qui a permis de libérer une parole lesbophobe et transphobe tout en rassurant l’Église sur sa place dans ce débat, dans un contexte de suppression de subventions aux associations LGBTQI dans certaines régions". FièrEs mentionne, entre autres, la loi Asile-Immigration, qualifiée de "loi nationaliste et raciste qui vise à réduire le droit à l’asile et met en danger de mort" les personnes migrantes y compris les personnes migrantes LGBTQI. Et FièrEs d’expliquer : "Parce que la Marche des fiertés appartient à toutes et tous, nous avons notre mot à dire sur la ligne politique qu’elle revendique. Il nous est insupportable que la Marche, qui prétend nous représenter, devienne le soutien officiel, même tacite, de la répression étatique, du racisme et du néolibéralisme du gouvernement, d’une politique de la ville excluante (…) Nous refusons de valider et de légitimer avec l’Inter-LGBT la politique gouvernementale ainsi que celle de la ville de Paris en défilant derrière les élus-es du carré de tête qui, à cette occasion, profitent de l’image de la Pride pour redorer leur blason (…) Nous invitons toute personne partageant ces analyses à ne pas défiler derrière la banderole de l’Inter-LGBT, mais à nous rejoindre, avec ses propres messages, en tête de cortège, devant le carré de tête. Ne laissons pas neutraliser nos luttes, et montrons un front commun de désaccord avec la ligne défendue jusqu’à présent".