Fini la CMU !

2 Novembre 2019
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Toujours gratuite pour les personnes les plus démunies, un euro par jour maximum pour les personnes les plus âgées. La ministre de la Santé a présenté mardi 15 octobre la « complémentaire santé solidaire », qui remplacera à partir du premier novembre deux aides publiques sous-utilisées (CMU-C et ACS). Vingt ans après sa naissance, la couverture maladie universelle complémentaire change donc de nom et de dimension. Une mue qui fera l'objet du 15 octobre « à la fin décembre » d'une « vaste campagne d'information », selon le gouvernement.  Objectif ? « Inciter les publics concernés à se renseigner, en particulier les personnes qui renoncent aujourd'hui aux aides parce qu'elles ignorent qu'elles y ont droit ».  La CMU-C, créée en 1999 pour les plus personnes les plus démunies, va avaler l'aide au paiement de la complémentaire santé (ACS), sorte de « chèque santé » mis en place en 2005 pour celles et ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté. Grâce à ces deux dispositifs, « 7,1 millions de personnes » - dont 5,8 millions pour la CMU-C, 1,3 pour l'ACS – « étaient couvertes fin juin 2019 par une complémentaire santé ». Mais « ce sont potentiellement plus de dix millions de personnes qui y sont éligibles et pourront bénéficier de la complémentaire santé solidaire », souligne le ministère de la Santé, cité par l’AFP.  Cette fusion a été actée dans le budget de la Sécurité sociale voté fin 2018 pour « réduire le renoncement aux soins (...) des populations précaires », expliquait alors le gouvernement, dans son étude d'impact.  En pratique, rien ne changera pour les assurés-es de l'actuelle CMU-C : la future « complémentaire santé solidaire » restera gratuite, avec le même niveau de remboursement, pour un célibataire gagnant moins de 746 euros par mois, ou un couple avec enfant en dessous de 1 343 euros.  En revanche, pour la population éligible à l'ACS (moins de 1 007 euros pour un célibataire, 1 813 euros pour un couple avec enfant), cette mesure est présentée comme une « simplification » : les garanties seront alignées sur celles de la CMU-C, moyennant une « participation financière » croissante avec l'âge.  Il en coûtera ainsi aux bénéficiaires 8 euros par mois jusqu'à 29 ans, 14 euros entre 30 et 49 ans, 21 euros entre 50 et 59 ans, 25 euros entre 60 et 69 ans, et 30 euros à partir de 70 ans (sauf en Alsace-Moselle, où les sommes seront divisées par trois), d'après un arrêté paru en juin au Journal officiel.