Fonds mondial : la tribune de Coalition PLUS

16 Mai 2022
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Dans une tribune (10 mai) publiée sur le site du média LGBT+ Komitid, Hakima Himmich, la présidente de Coalition PLUS, appelle les pays donateurs à augmenter leur contribution au Fonds mondial pour la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et la paludisme. La septième reconstitution des ressources du Fonds mondial est prévue en octobre aux États-Unis et la société civile est pleinement mobilisée comme c’était le cas en avril lors de la conférence Afravih à Marseille. « En prélude à la septième reconstitution de ses ressources, le Fonds mondial a établi ses besoins de financements à minimum 18 milliards de dollars étatsuniens (environ 17 milliards d’euros, ndlr) pour accélérer la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. En tant que réseau international de lutte contre le sida réunissant les personnes infectées, affectées et vulnérables au VIH, Coalition PLUS appelle les pays donateurs à augmenter leur contribution d’au moins 30 % pour agir véritablement sur l’épidémie du VIH » explique Hakima Himmich. Pour la présidente de Coalition PLUS, le compte n’y est pas : « La cible financière de 18 milliards de dollars annoncée par le Fonds mondial constitue une augmentation d’environ 30 % par rapport aux 14 milliards réunis en 2019. Même si nous reconnaissons cet effort, nous constatons que ce montant ne couvre que 14 % des ressources que le Fonds mondial estime nécessaire sur la période 2024-2026 (130,2 milliards de dollars) pour rattraper le retard dans la riposte au VIH/sida, au paludisme et à la tuberculose ». L’infectiologue et activiste qui a cofondé Coalition PLUS en 2008 rappelle l’impact majeur de la crise sanitaire liée à la Covid-19 sur la lutte contre le sida : « En 2020, les dépistages du VIH ont baissé de 22 % tandis que le nombre de personnes bénéficiaires des services de prévention du VIH a baissé de 11 % dans les pays où intervient le Fonds mondial. Ces indicateurs très préoccupants nécessitent  une réaction urgente et significative ». « Nous sommes à un tournant historique et l’heure est à l’action ! Investir dès maintenant ce minimum de 18 milliards de dollars c’est choisir de sauver des millions de vies ; c’est faire un choix économique durable et optimal puisque chaque dollar dépensé dès aujourd’hui dans la riposte à ces trois maladies permet d’économiser 31 dollars en coûts de santé plus tard » souligne Hakima Himmich. Et la présidente de Coalition PLUS de conclure : « Pour une riposte efficace au VIH, nous demandons au Fonds mondial d’œuvrer pour une meilleure inclusion des communautés les plus vulnérables dans les prises de décisions, l’exécution et la coordination des programmes de santé dont elles sont bénéficiaires. Ce n’est qu’à cette condition que leurs besoins spécifiques de santé seront pris en compte dans l’élaboration et la mise en œuvre de la riposte à l’épidémie du VIH ».